Politique

François Hollande : L'invité permanent qui empêche la gauche de tourner la page

Il avait juré qu'on ne l'y reprendrait plus. Pourtant, l'ancien président s'impose comme le marionnettiste non-officiel d'une gauche en quête de repères. En coulisses, l'agacement le dispute à la crainte : et s'il avait (encore) un plan ?

ML
Maxime L'Hémicycle
12 janvier 2026 à 04:213 min de lecture
François Hollande : L'invité permanent qui empêche la gauche de tourner la page

Ne vous fiez pas à ses airs de retraité jovial arpentant les marchés de Corrèze. François Hollande n'est pas là pour faire de la figuration, ni pour vendre des mémoires que tout le monde a déjà lus (ou fait semblant de lire). Depuis son retour surprise à l'Assemblée nationale, une petite musique lancinante parcourt les couloirs de Solférino et du Palais Bourbon : le "hollandisme" n'est pas mort, il était juste en embuscade.

Pour la nouvelle garde du Parti Socialiste et ses alliés du NFP, c'est un cauchemar éveillé. Imaginez essayer de rénover une maison alors que l'ancien propriétaire campe dans le salon en critiquant la couleur des rideaux. C'est exactement ce qui se joue actuellement.

« Il ne joue pas collectif, il joue sa partition. Le problème, c'est qu'une partie de l'électorat modéré, effrayée par le bruit et la fureur de LFI, recommence à trouver sa musique agréable. C'est ça qui rend fou la direction actuelle. »
— Confidences d'un cadre du PS, en off, après une réunion houleuse.

Le syndrome du commandeur (qui ne commande plus rien)

Officiellement, François Hollande est un député de base. Officieusement ? C'est le caillou dans la chaussure d'Olivier Faure. À chaque fois que le Premier secrétaire tente de maintenir la fragile unité de la gauche sous la bannière du NFP, l'ancien président sort une petite phrase assassine sur la "méthode" ou les "dérapages".

Ce n'est pas innocent. (Rien n'est jamais innocent avec lui). En se posant en garant d'une gauche de gouvernement, "sérieuse" et "républicaine", il ne fait pas que commenter l'actualité : il prépare le terrain. Mais pour quoi ? C'est là que le bât blesse. En refusant de s'effacer, il empêche l'émergence réelle de nouvelles têtes capables de faire la synthèse sans traîner le bilan du quinquennat 2012-2017 comme un boulet.

2026 : Le vrai test de l'influence

On parle beaucoup de la présidentielle, mais l'objectif à court terme, ce sont les municipales de 2026. C'est là que se joue la survie de l'appareil socialiste. Hollande le sait. Il dispose encore de relais puissants chez les élus locaux, ces barons de province qui n'ont jamais vraiment digéré l'alliance avec Jean-Luc Mélenchon.

L'ancien président parie sur un effritement de la stratégie d'union radicale. Si la gauche perd des bastions en 2026 à cause de divisions internes ou d'un rejet de l'étiquette NFP, qui sera là pour dire « Je vous l'avais bien dit » ? Qui sera là pour proposer de recoudre les morceaux avec le centre-gauche ?

👀 La question que tout le monde se pose : Vise-t-il 2027 ?

C'est le tabou absolu. Si vous lui posez la question, il répondra par une pirouette dont il a le secret. Mais analysez ses déplacements : il occupe l'espace médiatique laissé vacant par une gauche radicale trop clivante et une social-démocratie trop timide. Il ne se déclarera pas candidat... sauf si le vide devient tel qu'il apparaîtrait comme le seul recours "raisonnable". C'est un pari cynique, risqué, mais c'est le seul qu'il lui reste.

La gauche française a un problème œdipien. Elle n'arrive pas à tuer le père. Et tant que François Hollande continuera de hanter les plateaux télé et les commissions parlementaires avec ce mélange d'expertise et de malice, la page de 2017 ne sera jamais vraiment tournée. Pour avancer, le PS devra soit l'affronter frontalement, soit l'intégrer totalement. L'entre-deux actuel est une lente agonie stratégique.

ML
Maxime L'Hémicycle

Je hante les couloirs du pouvoir. Je traduis le "politiquement correct" en français courant. Ça pique, mais c'est vrai. Les lois, je les lis avant le vote.