Valeria Bruni Tedeschi : La faille qui fait trembler le cinéma lisse
Pendant que les plateformes polissent leurs scénarios à coups d'algorithmes, Valeria dynamite les codes. En coulisses, son chaos organisé effraie autant qu'il fascine. Plongée dans la méthode d'une indomptable.
Il faut avoir traîné dans les couloirs feutrés d'un festival, loin des tapis rouges, pour comprendre ce qui se joue vraiment autour de Valeria Bruni Tedeschi. Là où les attachés de presse surveillent chaque virgule, elle arrive souvent décoiffée, le rire nerveux, portant ses névroses en bandoulière comme un sac de luxe abîmé. On m'a confié récemment, lors d'un dîner post-projection, qu'un grand producteur américain avait quitté la salle, désemparé. « C'est trop... humain », aurait-il lâché.
C'est exactement là que réside sa force de frappe.
« Valeria ne joue pas le jeu, elle le casse. Dans un monde où l'image est contrôlée au pixel près, son acceptation du ridicule et du tragique est le dernier acte de punk possible. »
On ne va pas se mentir (entre nous, on sait comment ça marche) : le cinéma actuel souffre d'une terrible maladie. Celle de la perfection lisse, du « binge-watching » calibré pour ne heurter personne. Valeria, elle, fait du cinéma d'auteur une zone de guerre émotionnelle. Que ce soit devant ou derrière la caméra, elle impose une radicalité qui dérange. Elle filme les corps qui transpirent, les voix qui déraillent, les familles qui s'aiment en se détruisant. C'est l'anti-Instagram par excellence.
Pourquoi est-elle devenue cette figure de proue maintenant ? Parce que le public commence à saturer. On sent bien, dans les discussions off, que les spectateurs cherchent cette aspérité. Avec des films comme Les Amandiers, elle ne raconte pas une histoire propre ; elle jette de la vitalité au visage du public. Elle nous rappelle que le cinéma n'est pas là pour nous rassurer, mais pour nous secouer.
👀 Ce que ses collaborateurs disent en privé
Son cinéma d'autofiction, souvent moqué par les cyniques qui y voient du narcissisme bourgeois, est en réalité un miroir brutal. Elle ne se met pas en scène pour se glorifier, mais pour s'dissuquer. (Vous avez déjà essayé de vous regarder dans un miroir grossissant un lendemain de fête ? C'est ça, l'effet Bruni Tedeschi).
Alors, est-ce que cette radicalité peut durer face aux géants du streaming ? C'est la grande question qui agite le milieu. Mais tant qu'il y aura des spectateurs pour préférer une larme mal essuyée à un pixel parfait, Valeria restera la reine de ce désordre magnifique.
Snob ? Peut-être. Passionné ? Sûrement. Je trie le bon grain de l'ivraie culturelle avec une subjectivité assumée. Cinéma, musique, arts : je tranche.