César 2026 : La liste qui ne voulait fâcher personne (et qui a raté)
Les nominations viennent de tomber et elles ressemblent à un communiqué de presse de gestion de crise. Entre aseptisation forcée et mépris du box-office, l’Académie creuse sa propre tombe.

On attendait un électrochoc, on a eu un robinet d'eau tiède. La liste des nominations aux César 2026 n'est pas une célébration du cinéma : c'est une carte de géographie de la peur qui règne actuellement dans les bureaux de production parisiens. Après les tempêtes médiatiques des deux dernières années, l'Académie a visiblement choisi son camp : celui de l'ennui poli.
Regardons les choses en face (si on ose). Cette liste est un chef-d'œuvre d'équilibrisme politique, conçu pour ne déclencher aucune tribune dans Le Monde ni aucun hashtag vengeur sur X. Résultat ? Une aseptisation totale.
Le divorce consommé avec le public
C'est devenu un running gag, mais il n'est plus drôle. Le cinéma français a connu une année 2025 historique en salles, portée par des comédies populaires et des fresques d'aventure. Où sont-elles ? Reléguées aux catégories techniques ou, pire, au « César des Lycéens » (cette médaille en chocolat qu'on donne pour se donner bonne conscience).
L'Académie continue de snber ce qui fait vivre l'industrie pour encenser ce qui flatte son ego. Le message envoyé aux exploitants de salles, qui se battent pour payer leurs factures d'électricité, est d'une violence inouïe : « Votre succès est vulgaire ».
| Film | Entrées 2025 | Nominations majeures |
|---|---|---|
| Les Géants du Nord (Comédie) | 4,2 Millions | 0 (Zéro) |
| Murmures d'Argile (Drame) | 180 000 | 8 (Dont Meilleur Film) |
Le ratio succès/reconnaissance atteint cette année un record de distorsion.
La stratégie du « Risque Zéro »
Au-delà des chiffres, c'est l'odeur de la naphtaline morale qui dérange. On sent que chaque nom a été passé au crible d'un logiciel de « compliance » sociale. Exit les réalisateurs à la réputation sulfureuse (même s'ils n'ont pas été jugés), exit les sujets trop clivants sur l'identité ou la religion.
On se retrouve avec une sélection de films « aimables », des drames sociaux bien peignés qui cochent toutes les cases de la subvention publique mais aucune de la passion charnelle du cinéma. L'art est censé bousculer, non ? Ici, on caresse dans le sens du poil.
« Cette année, la consigne tacite était claire : on ne veut pas de polémique au 20h. On préfère un lauréat que personne ne connaît plutôt qu'un gagnant qui divise. » — Un membre de l'Académie sous couvert d'anonymat.
Un entre-soi qui se radicalise
Paradoxalement, en voulant se protéger, le milieu du cinéma se fragilise. En refusant d'admettre la diversité des goûts (et la diversité tout court, car les nominations restent désespérément homogènes sociologiquement), les César 2026 donnent des munitions à ceux qui hurlent à la déconnexion des élites culturelles.
Ce n'est plus une cérémonie, c'est un bunker. Et à force de rester entre eux, fenêtres fermées pour ne pas entendre la rumeur de la rue, ils finissent par manquer d'oxygène. Qui regardera la cérémonie en février ? Probablement les mêmes qui ont voté. Une belle réunion de famille, juste avant que la maison ne soit saisie.


