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Gabriella Papadakis : L’art de se briser pour mieux renaître

Elle a touché l'or olympique, mais à quel prix ? Alors que son autobiographie explosive fait trembler la planète patinage, retour sur la trajectoire d'une icône qui a décidé que sa plus belle performance serait de dire sa vérité.

CP
Chris PattersonJournalist
15 January 2026 at 08:31 am3 min read
Gabriella Papadakis : L’art de se briser pour mieux renaître

Imaginez le silence. Pas celui, paisible, d'une forêt enneigée, mais ce silence assourdissant qui précède les premières notes de musique dans une patinoire olympique. Pendant près de vingt ans, Gabriella Papadakis a vécu dans ce silence, main dans la main avec Guillaume Cizeron. Pour nous, spectateurs, c'était la symbiose parfaite, deux âmes qui ne faisaient qu'une. Mais que se passe-t-il quand la musique s'arrête et que les projecteurs s'éteignent ?

Aujourd'hui, alors que les patins de compétition sont raccrochés depuis leur sacre à Pékin, Gabriella ne danse plus pour les juges. Elle parle. Et ses mots, couchés dans son livre Pour ne pas disparaître, font l'effet d'une lame crissant violemment sur la glace. Loin du conte de fées que nous avons projeté sur eux, elle décrit une réalité faite de sacrifices invisibles et d'une « emprise » insoupçonnée.

« Dans le sport, on priorise tellement la performance qu'on oublie le bien-être des gens. J'ai fini par croire que je n'existais pas sans lui. »

C'est ici que l'histoire bascule. Ce n'est plus seulement le récit d'une championne olympique, c'est l'anatomie d'une libération. Le « sacrifice olympique » dont on parle souvent évoque les réveils à 5 heures du matin, les genoux en compote ou les régimes draconiens. Pour Papadakis, le vrai coût de l'or était ailleurs : dans la dilution de sa propre identité au profit de l'entité « Papadakis-Cizeron ». Une chimère à deux têtes qui a conquis le monde, mais qui, selon ses dires, a fini par étouffer la femme derrière l'athlète.

⚡ L'essentiel

La fin du mythe : Retraités depuis décembre 2024, le duo ne visera pas Milan 2026. Une page historique se tourne.

La rupture : La sortie du livre de Papadakis en janvier 2026 révèle des tensions internes majeures (relation toxique, emprise), contestées fermement par Guillaume Cizeron via ses avocats.

La renaissance : Gabriella explore désormais le patinage artistique non-mixte (avec Madison Hubbell) et s'engage sur les questions de santé mentale.

Alors, qu'est-ce que cela change pour le patinage ? Tout. En brisant l'omerta sur la toxicité potentielle des duos fusionnels, Gabriella Papadakis ouvre une brèche. Elle nous force à regarder ce sport non plus comme une simple succession de performances esthétiques, mais comme un environnement où la pression psychologique peut devenir une arme. Sa « dernière danse » n'est pas celle que l'on croit. Ce n'était pas celle de Pékin, sublime et dorée. C'est celle qu'elle exécute maintenant, seule face à son histoire, refusant le rôle de la poupée de glace muette.

👀 Le duo reviendra-t-il un jour ensemble ?

C'est hautement improbable. Au-delà de la retraite sportive actée fin 2024, la fracture personnelle semble définitive. Guillaume Cizeron, qui patine désormais en show avec Laurence Fournier Beaudry, a engagé des poursuites en diffamation contre les écrits de son ex-partenaire. La magie sur glace reposait sur une connexion émotionnelle qui semble aujourd'hui brisée.

La grâce, Gabriella ne l'a pas perdue. Elle l'a simplement déplacée. De la performance physique vers l'honnêteté brutale. Et c'est peut-être là sa plus belle médaille.

CP
Chris PattersonJournalist

Journalist specialising in Sport. Passionate about analysing current trends.