Verona Confidential : Ce que la RAI n'a pas montré hier soir
Des sopranos en playback ? Une transition vers 2030 bricolée en coulisses ? On a passé la soirée de clôture de Milan-Cortina loin des caméras, là où les sourires se crispent.

Vous avez vu la magie lyrique, l'Arena de Vérone transformée en écrin de glace éternelle et ces athlètes aux yeux brillants de fatigue et de prosecco. C'était beau, propre, calibré pour faire pleurer dans les chaumières. Mais j'étais à deux mètres de la régie finale, et croyez-moi, l'opéra qui se jouait en off était nettement moins harmonieux.
Entre les organisateurs italiens à cran et une délégation française (déjà) sous pression pour 2030, la nuit a été longue. Très longue.
L'illusion verte s'est évaporée au parking VIP
Sur scène, le discours était rodé : ces Jeux d'hiver étaient ceux de la « sobriété » et de l'héritage durable. Un message puissant, martelé entre deux tableaux artistiques évoquant la fonte des glaciers. (Ironique, non ?). Sauf qu'il suffisait de sortir par la porte arrière de l'amphithéâtre romain pour voir la réalité du « durable ».
« On a dû gérer un embouteillage de berlines blindées tel qu'on a failli bloquer la sortie des bus athlètes. La sobriété, c'est pour la télé. Ici, c'est Business Class ou rien. » — Un coordinateur logistique au bord de la crise de nerfs.
Le ballet des chauffeurs attendant moteurs tournants pendant trois heures a quelque peu terni la promesse carbone neutre. Mais chut, tant que la flamme s'éteint poétiquement, le reste n'est que détail logistique, n'est-ce pas ?
Le passage de témoin : Alpes françaises, on commence quand ?
Le moment protocolaire du drapeau olympique passant des mains du maire de Milan à ceux des représentants des Alpes Françaises 2030 a semblé fluide. À l'écran. En coulisses, c'était une autre paire de manches. On a senti une fébrilité palpable du côté tricolore.
Pourquoi ? Parce que tout le monde ici sait que le dossier 2030 est un défi technique monstrueux. Réussir à faire mieux que l'esthétique italienne (qui a, il faut l'avouer, un sens inné de la dramaturgie) avec des contraintes budgétaires qui s'annoncent déjà drastiques ? Bonne chance. J'ai surpris un officiel français murmurer que le budget « show » allait devoir être créatif. Comprenez : serré.
👀 Pourquoi la star italienne annoncée n'était pas là ?
La rumeur enflait depuis le matin sur les réseaux sociaux : Måneskin devait faire une apparition surprise pour dynamiter l'ambiance opéra. Finalement ? Rien. Selon nos infos, un désaccord de dernière minute sur la mise en scène (le groupe voulait pyrotechnie totale, la sécurité de l'Arena historique a dit basta) a conduit à l'annulation pure et simple vers 14h. Les organisateurs ont dû meubler avec ce set DJ un peu longuet.
La vraie fête était ailleurs
Une fois les caméras coupées, l'Arena s'est vidée à une vitesse record. Les athlètes ne sont pas restés écouter les discours officiels (personne ne le fait jamais, soyons honnêtes). Ils ont filé vers les soirées privées organisées par les équipementiers.
C'est là, loin du protocole du CIO, que se jugent vraiment des Jeux. Et si l'on en croit l'ambiance, Milan-Cortina restera comme des Jeux « compliqués » logistiquement mais sauvés par une ferveur latine indéniable. Maintenant, place au silence dans les Dolomites. Et aux factures qui vont commencer à arriver.


