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Dorothea Wierer et le "projet 2026" : Ce que les caméras ne montrent pas

Officiellement, elle continue pour l'amour du sport. Officieusement, c'est une opération commando où sponsors, pression fédérale et orgueil s'entremêlent. Plongée dans la mécanique Wierer.

DM
David MillerJournalist
February 8, 2026 at 02:01 PM3 min read
Dorothea Wierer et le "projet 2026" : Ce que les caméras ne montrent pas

On ne vous le dira pas en conférence de presse. Là-bas, tout est sourire, mascara waterproof impeccable et discours rodés sur la « motivation retrouvée ». Mais dans les couloirs feutrés de la FIS et au siège de la Fédération italienne (FISI), le son de cloche est différent. La prolongation de carrière de Dorothea Wierer jusqu'aux Jeux Olympiques de Milan-Cortina 2026 n'est pas juste une histoire de sport. C'est une affaire d'État.

Pourquoi ? Parce que sans elle, l'affiche des JO à domicile manque cruellement de glamour.

« Doro n'est pas seulement une athlète, c'est l'assurance-vie médiatique des Jeux d'Anterselva. Si elle partait, c'était la panique à bord pour la billetterie VIP. »

L'image d'Épinal de la championne qui s'offre un dernier tour de piste ? C'est mignon pour les cartes postales. La réalité (celle qu'on chuchote entre deux farts de ski), c'est que la pression mise sur ses épaules est titanesque. Jannik Sinner est occupé à dominer le tennis mondial, Sofia Goggia est abonnée à l'infirmerie... Il ne reste que Wierer pour porter l'étendard tricolore dans la neige.

La stratégie du "Service Minimum" (mais brillant)

Avez-vous remarqué son début de saison ? Discret. Presque détaché. Ce n'est pas un hasard, c'est un calcul. L'entourage de Wierer a compris une chose essentielle : à 34 ans, on ne chasse plus le Gros Globe de cristal comme à 25. Le corps grince. La récupération est plus lente. L'objectif n'est plus d'être la meilleure de novembre à mars, mais d'être la seule qui compte en février 2026.

C'est une gestion à l'américaine. On sacrifie des étapes de Coupe du Monde, on ignore les critiques sur les réseaux sociaux (qui la disent "finie" à chaque 15ème place), et on calibre la machine pour le jour J. C'est risqué ? Terriblement. Si elle se loupe à Anterselva, dans son jardin, la chute sera brutale.

👀 Pourquoi a-t-elle failli tout arrêter en 2024 ?

C'est l'info qui a circulé sous le manteau tout l'été. Après une saison 2023-2024 hachée par les maladies à répétition, Wierer était mentalement épuisée. Le burnout n'était pas loin. Ce qui l'a retenue ? Un mélange de fierté (ne pas finir sur un échec) et, selon nos sources, une revalorisation substantielle de ses contrats de sponsoring qui dépendait de sa présence aux JO 2026.

L'icône contre l'athlète

Le paradoxe Wierer, c'est cette lutte interne entre la marque et la biathlète. Elle doit gérer ses shootings pour Sky Sport ou Red Bull tout en trouvant le temps de tirer 200 balles par jour. Ses rivales françaises ou norvégiennes n'ont pas ce poids. Elles skient. Dorothea, elle, doit représenter.

La stratégie silencieuse est là : transformer cette omniprésence médiatique en bouclier. En monopolisant l'attention, elle s'achète du temps et de la patience auprès du public italien. Mais ne vous y trompez pas, derrière les lunettes de soleil et les poses Instagram, il y a une tueuse qui prépare son dernier hold-up. Elle ne veut pas participer. Elle veut braquer l'or, dire ciao, et laisser le biathlon italien se débrouiller avec le vide immense qu'elle laissera derrière elle.

DM
David MillerJournalist

Journalist specializing in Sport. Passionate about analyzing current trends.