Getafe – Real Sociedad : La Belle, la Bête et le bourbier du Coliseum
Ce n'est pas qu'un match, c'est un conflit philosophique. Quand le 'Cholismo' sous stéroïdes de Bordalás accueille la finesse basque en crise, attendez-vous à des étincelles (et beaucoup de temps additionnel).
Il y a des stades où l'on vient voir du football, et il y a le Coliseum Alfonso Pérez. Ici, le bruit des crampons qui raclent le tibia couvre souvent celui des chants de supporters. Si vous aimez la poésie, fuyez. Si vous aimez la guerre de tranchées avec un ballon au milieu, bienvenue chez Pepe Bordalás.
Imaginez la scène : d'un côté, la Real Sociedad d'Imanol Alguacil, cette équipe qui a passé des années à nous charmer avec ses triangles amoureux au milieu de terrain et ses ailiers virevoltants. De l'autre, Getafe. Le Getafe qui ne joue pas au ballon, mais qui empêche l'autre de jouer. (C'est un art, ne soyez pas méprisants). Ce week-end, ce n'est pas juste un match de la 19e journée, c'est un test de survie pour une Real Sociedad étrangement moribonde, classée 15e et qui regarde l'abîme de la relégation droit dans les yeux.
Le piège de verre (pilé)
La statistique qui tue ? Getafe est l'équipe qui joue le moins de temps effectif en Liga. Moins de 50 minutes par match. Le reste ? Des touches longues, des lacets à refaire, des discussions philosophiques avec l'arbitre. Pour la Real, qui a besoin de rythme pour exister, c'est de la kryptonite pure.
Imanol Alguacil le sait : ses techniciens vont devoir porter des gilets pare-balles. Takefusa Kubo, le magicien japonais, sera la cible numéro un du plan anti-créativité de Bordalás. L'objectif est simple : l'isoler, le frustrer, et espérer qu'il disjoncte.
Les compos : L'urgence contre la résilience
Côté Getafe, on ne change pas une formule qui gratte. Le système sera probablement un 4-4-2 compact (ou un 6-2-2 en phase défensive, soyons honnêtes). Borja Mayoral revient hanter les surfaces, soutenu par la puissance physique de Chrisantus Uche, la révélation nigériane qui court pour trois.
Pour la Real, l'heure est grave. Pas de place pour le romantisme naïf. Alguacil devrait aligner son onze de gala, mais avec une consigne claire : verticalité. Si Zubimendi commence à tricoter devant sa surface, Getafe va le manger tout cru. Oyarzabal devra jouer en capitaine courage, prêt à prendre des coups pour libérer des espaces.
"Ce n'est pas du football, c'est une visite chez le dentiste sans anesthésie." — Un fan de la Real sur X (anciennement Twitter), probablement.
👀 La clé tactique : Le facteur Uche
Oubliez Kubo deux secondes. La vraie menace, c'est Chrisantus Uche au milieu de terrain pour Getafe. Ce n'est pas un créateur, c'est un destructeur de mondes. Sa capacité à harceler Zubimendi (le métronome basque) pourrait couper la Real en deux. Si Zubimendi ne respire pas, la Real ne joue pas. C'est aussi simple et brutal que ça.
Alors, qui l'emportera ? La beauté fragile ou la bête pragmatique ? Dans l'enfer de la banlieue madrilène, parier sur l'esthétique est souvent une erreur de débutant. Préparez le popcorn, ou plutôt les protège-tibias.


