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Multan 2024 - Londres 2026 : Le Scorecard qui a redessiné la carte du monde

Oubliez les runs et les wickets. Entre les ventilateurs industriels de Multan et les salles de marché de Londres, le duel Pakistan-Angleterre raconte une autre histoire : celle d'une révolte contre l'hégémonie occidentale.

DM
David MillerJournalist
February 24, 2026 at 02:02 PM3 min read
Multan 2024 - Londres 2026 : Le Scorecard qui a redessiné la carte du monde

Il y a des bruits qu'on n'oublie pas dans un stade de cricket. Habituellement, c'est le craquement du bois de saule contre le cuir, ou le rugissement d'une foule en délire. Mais pour comprendre le véritable tournant des relations anglo-pakistanaises, il faut se souvenir d'un autre son, plus sourd, plus industriel : le bourdonnement incessant de ventilateurs géants séchant la terre de Multan en octobre 2024.

C'était il y a deux ans, mais ce moment résonne encore aujourd'hui, en ce début 2026, alors que les tensions géopolitiques s'invitent de nouveau sur le terrain.

La révolte de la poussière

Souvenez-vous. L'Angleterre débarque au Pakistan avec son "Bazball" (vous savez, cette méthode ultra-agressive qui consiste à frapper tout ce qui bouge). Lors du premier test, ils humilient les hôtes avec un score hallucinant de 823 runs. Le Pakistan semble fini, son cricket à genoux, copiant maladroitement les méthodes occidentales sur des autoroutes de béton.

C'est là que le scénario bascule. Dos au mur, le Pakistan décide d'arrêter de jouer selon les règles esthétiques de l'Occident. Ils virent leurs superstars (au revoir Babar Azam, adieu Shaheen Afridi) et convoquent deux "tontons" trentenaires et quarantenaires : Noman Ali et Sajid Khan. Surtout, ils sortent ces fameux ventilateurs pour assécher la piste jusqu'à ce qu'elle craquelle.

Le résultat ? Un carnage pour les Anglais, incapables de lire la balle qui tourne. Ce scorecard n'était pas juste une victoire sportive ; c'était une déclaration d'indépendance culturelle.

IndicateurTest 1 (Le Choc Bazball)Test 2 & 3 (Le Piège à Spin)
Score Angleterre823/7 (Déclaré)Moyenne < 200 runs/innings
Wickets Spin PakistanInefficace39 sur 40 wickets (Noman & Sajid)
StratégieVitesse & "Flat Track"Terre séchée & Rotation extrême

Quand la finance remplace la tactique

Mais pourquoi en reparler aujourd'hui, en février 2026 ? Parce que le scorecard a changé de forme. Il n'est plus papier, il est financier. Alors que la prochaine série se profile après l'été, une guerre silencieuse se joue dans les coulisses de la ligue anglaise "The Hundred".

L'ironie est mordante. En 2024, le Pakistan a gagné en utilisant son sol. En 2026, ses joueurs risquent d'être bannis du sol anglais, non pas par manque de talent, mais à cause des capitaux. Avec l'arrivée massive d'investisseurs indiens (propriétaires de franchises IPL) dans le cricket anglais, une "frontière invisible" s'érige. Les stars pakistanaises, pourtant adulées par le public de Birmingham ou de Londres, se retrouvent persona non grata aux enchères.

"Le cricket est le seul sport où deux nations peuvent être en guerre sans jamais tirer un coup de feu, simplement en refusant de signer un chèque."

Et après ?

La prochaine série de tests prévue fin 2026 ne sera pas qu'une revanche sportive pour l'Angleterre. Ce sera un affrontement entre deux mondes. D'un côté, le "Big Three" (Inde, Angleterre, Australie) qui contrôle l'économie du jeu. De l'autre, un Pakistan résilient, imprévisible, capable de transformer de la poussière en or.

Quand vous regarderez le prochain scorecard, ne cherchez pas seulement qui a marqué des points. Regardez qui a le droit de jouer. Car dans ce sport, les frontières les plus difficiles à franchir ne sont pas sur le terrain, elles sont dans les contrats.

DM
David MillerJournalist

Journalist specializing in Sport. Passionate about analyzing current trends.