Raphinha et Flick : L'équation qui rend le Barça terrifiant à nouveau
On l'annonçait partant, obsolète, remplacé par Nico Williams. Quelques mois plus tard, le Brésilien est le capitaine de route d'un Barça transfiguré. Autopsie d'une métamorphose tactique.

Souvenez-vous de l'été dernier. C'était il y a une éternité, non ? À cette époque, Raphinha était ce joueur qu'on essayait de glisser discrètement dans chaque rumeur de transfert, comme un vieux meuble qu'on tente de refourguer dans un déménagement. Le camp Nou ne rêvait que de Nico Williams, et le Brésilien, lui, semblait condamné à l'exil (probablement doré, en Arabie Saoudite). Et puis, Hansi Flick a posé ses valises en Catalogne.
Ce qui s'est passé ensuite ne relève pas de la simple amélioration sportive. C'est une réécriture complète du logiciel.
« Ce n'est pas le même joueur. C'est le même homme, mais avec une mission différente. Flick ne lui a pas appris à dribbler, il lui a appris à tuer. »
L'entraîneur allemand a vu chez l'ancien de Leeds ce que Xavi, englué dans son jeu de position puriste, avait peut-être sous-estimé : un moteur inépuisable. Flick n'a pas besoin d'artistes qui marchent ; il a besoin de soldats qui sprintent. Raphinha ne joue plus collé à la ligne de touche à attendre le ballon. Il est partout. Dans l'axe, au pressing, à la finition. Il est devenu le déclencheur du chaos organisé du Barça.
La preuve par les chiffres
Comparons l'incomparable. La différence entre l'utilisation du Brésilien sous l'ère précédente et sa version actuelle est brutale.
| Critère | Ère Xavi (2023-24) | Ère Flick (2024-25) |
|---|---|---|
| Positionnement | Ailier pur (isolé sur le flanc) | Électron libre / 10 hybride |
| Rôle défensif | Repli classique | Premier défenseur (Pressing haut) |
| Impact Mental | Frustré, souvent remplacé | Capitaine, joue 90 min |
Mais au-delà des stats (qui sont affolantes, avec des triplés qui pleuvent comme des orages d'été), c'est l'attitude qui change la donne pour les ambitions européennes du club. Le Barça ne fait plus peur parce qu'il garde le ballon 70% du temps. Il fait peur parce que dès qu'il le perd, Raphinha lance une meute affamée pour le récupérer en trois secondes.
Est-ce que cela suffit pour soulever la coupe aux grandes oreilles ? Peut-être. Ce qui est sûr, c'est que le Barça a cessé d'être une équipe de victimes romantiques en Europe. Avec ce Raphinha-là, ils sont devenus les bourreaux. Et personne ne l'avait vu venir, sauf peut-être un Allemand taciturne qui savait exactement quel bouton activer.


