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Macron-Trump : La fin de l'illusion romantique et le début du cauchemar transactionnel

Oubliez les poignées de main viriles et les arbres plantés. En 2026, la relation entre l'Élysée et la Maison-Blanche n'est plus qu'un bras de fer commercial déguisé en alliance. Analyse d'un divorce consommé.

HS
Héctor SalinasPeriodista
14 de enero de 2026, 18:313 min de lectura
Macron-Trump : La fin de l'illusion romantique et le début du cauchemar transactionnel

On nous avait promis le retour du « Trump Whisperer ». Vous savez, cette fable rassurante selon laquelle Emmanuel Macron serait le seul dirigeant européen capable de chuchoter à l'oreille du turbulent locataire de la Maison-Blanche pour tempérer ses ardeurs isolationnistes. Mais regardons la réalité en face : un an après le retour de Donald Trump dans le Bureau Ovale, la « bromance » est devenue un mythe toxique qui empêche l'Europe de voir qu'elle est déjà seule.

La photo de la réouverture de Notre-Dame, fin 2024, où les deux hommes affichaient une complicité de façade, ressemble aujourd'hui moins à une retrouvaille entre alliés qu'à la dernière scène d'un film avant le désastre. Pourquoi s'obstine-t-on à croire que le charme opère encore ?

« Donald Trump ne voit pas en Emmanuel Macron un partenaire, mais un gestionnaire de syndic de copropriété européenne en faillite qu'il peut pressurer à loisir. »

Le mythe de l'influence française

L'Élysée joue une partition complexe : être le « pont » entre Washington et un Vieux Continent fragmenté. Mais ce pont est à sens unique. Depuis janvier 2025, qu'a obtenu concrètement la diplomatie du « en même temps » face au rouleau compresseur MAGA ? (Spoiler : rien). Les menaces de tarifs douaniers à 30 % sur les produits européens ne sont pas des leviers de négociation, ce sont des promesses de campagne que Trump compte tenir pour satisfaire sa base électorale de la Rust Belt.

Pire, l'obsession de Macron pour l'autonomie stratégique européenne – ce fameux « réveil » qu'il prône depuis la Sorbonne – est perçue à Washington non pas comme une émancipation louable, mais comme une ingratitude. Pour Trump, si l'Europe veut son autonomie, elle n'a qu'à payer ses factures de sécurité. Immédiatement.

IndicateurVision Macron (Idéaliste)Vision Trump (Transactionnelle)
OTANAlliance de valeurs démocratiquesService de sécurité par abonnement
CommerceRègles multilatérales (OMC)Rapport de force bilatéral
UkraineDéfense du droit international"Deal" rapide, peu importe le coût humain

L'Europe, victime collatérale du duel USA-Chine

Le véritable danger n'est même pas l'hostilité de Trump, mais son indifférence. La priorité absolue de Washington est désormais le Pacifique. L'Europe est devenue un théâtre d'opérations secondaire, une vieille maison de campagne qu'on hésite à rénover. Quand Emmanuel Macron parle de « souveraineté numérique », Trump entend « protectionnisme anti-américain » et riposte en menaçant les vins français. Le dialogue de sourds est total.

Alors, qui est dupé ? Peut-être nous-mêmes. En continuant d'analyser chaque poignée de main virile comme un signe d'espoir, nous refusons d'admettre que le logiciel transatlantique est obsolète. Macron a raison sur un point : l'Europe doit se défendre seule. Mais il a tort de croire qu'il peut encore convaincre l'Amérique de nous tenir la main pendant qu'on apprend à marcher.

La question n'est plus de savoir si l'amitié Macron-Trump peut sauver l'Occident, mais combien de temps l'Europe mettra à comprendre que le chèque en blanc de la sécurité américaine a été rejeté par la banque.

HS
Héctor SalinasPeriodista

Periodista especializado en Mundo. Apasionado por el análisis de las tendencias actuales.