Economía

Milan-Cortina 2026 : Le conte de fées économique va-t-il virer au cauchemar alpin ?

Derrière la promesse de Jeux "low cost" et durables, l'addition commence sérieusement à s'alourdir. Entre une piste de bobsleigh de la discorde et une logistique écartelée sur 400 kilomètres, l'Italie joue sa crédibilité budgétaire sur la neige.

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Alejandro RuizPeriodista
7 de febrero de 2026, 05:053 min de lectura
Milan-Cortina 2026 : Le conte de fées économique va-t-il virer au cauchemar alpin ?

On nous avait vendu le modèle du futur. Des Jeux Olympiques d'hiver 2026 "agiles", éparpillés intelligemment sur l'arc alpin italien pour ne rien construire d'inutile. La promesse ? Utiliser 93 % d'infrastructures existantes. Sur le papier, le dossier Milan-Cortina ressemblait à un rêve de gestionnaire rigoureux, l'antithèse absolue de la démesure de Sotchi (50 milliards de dollars, souvenez-vous). Sauf que trois ans plus tard, le réveil est brutal, et il a le goût amer du béton frais et des factures rallongées.

L'illusion du "Zéro Construction"

Le symbole de ce dérapage porte un nom : la piste de bobsleigh de Cortina d'Ampezzo. C'est le caillou dans la chaussure de Giorgia Meloni. Au départ, le CIO suggérait pragmatiquement d'utiliser la piste d'Innsbruck, en Autriche voisine. Logique, non ? Trop logique, sans doute, pour la fierté nationale italienne.

Résultat des courses ? Rome a forcé le passage pour reconstruire la piste historique "Eugenio Monti". Le coût initial estimé à une cinquantaine de millions d'euros a flambé. On parle désormais d'un chantier titanesque (et chronométré à la seconde près) qui dépasse les 80 millions, confié à l'entreprise Pizzarotti dans un climat d'urgence absolue. Est-ce bien raisonnable pour une discipline qui compte moins de licenciés en Italie qu'un club de foot de division régionale ? Poser la question, c'est déjà y répondre.

« Les Jeux de 2026 devaient marquer la fin du gigantisme. Ils risquent de devenir le manuel scolaire de ce qu'il ne faut plus faire : fragmenter les coûts pour mieux les dissimuler. »

La fracture logistique

Regardons la carte. Vraiment. Milan et Cortina ne sont pas voisins de palier ; ce sont des cousins éloignés séparés par cinq heures de route (sans bouchons, ce qui n'existe pas en Lombardie). Cette dispersion géographique, vendue comme un atout touristique, est un cauchemar logistique et sécuritaire.

Le budget opérationnel, financé par le privé, reste officiellement à l'équilibre. Mais qui paie les routes ? Les tunnels ? Les connexions ferroviaires indispensables pour que les spectateurs ne passent pas leurs JO dans un bus bloqué dans les Dolomites ? C'est l'État. C'est le contribuable. L'enveloppe pour les infrastructures connexes a déjà explosé, dépassant les 3 milliards d'euros selon certaines estimations indépendantes. On est loin, très loin, du concept "low cost".

Poste de Dépense Promesse 2019 Réalité Projetée 2026
Piste de Bobsleigh Rénovation mineure / Délocalisation 81,6 M€ (Construction neuve)
Coût global Infra. ~1 Milliard € > 3,5 Milliards € (incl. transports)
Distance sites "Clusterisé" 400 km de dispersion (Milan - Cortina)

L'or blanc n'existe plus (gratuitement)

Il faut aussi parler de l'éléphant dans la pièce, ou plutôt de son absence : la neige. En 2026, la probabilité de devoir recourir à 100 % de neige artificielle est extrêmement élevée. Ce n'est pas seulement un désastre écologique (l'eau pompée dans des nappes déjà stressées), c'est une aberration économique.

Fabriquer de la neige coûte cher en énergie. Avec la volatilité des prix de l'électricité en Europe, la facture de fonctionnement des stations pourrait faire fondre les marges bénéficiaires des opérateurs locaux. L'économie alpine, déjà fragilisée par le réchauffement climatique, voit dans ces JO un plan de sauvetage. Mais injecter des milliards dans des infrastructures de ski de basse altitude, n'est-ce pas investir dans le passé ? L'Italie parie gros sur une carte postale qui jaunit à vue d'œil.

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Alejandro RuizPeriodista

Periodista especializado en Economía. Apasionado por el análisis de las tendencias actuales.