Sport

Charlton – Chelsea (1-5) : Quand la magie de la Cup se heurte au réalisme froid (et à Enzo)

Ambiance des grands soirs au Valley, frayeur passagère et avalanche de buts. Pour la première de Liam Rosenior, Chelsea n'a pas fait dans la dentelle, malgré un sursaut d'orgueil des Addicks. Récit d'un derby à deux vitesses.

CC
Coach CarterJournaliste
11 janvier 2026 à 13:363 min de lecture
Charlton – Chelsea (1-5) : Quand la magie de la Cup se heurte au réalisme froid (et à Enzo)

⚡ L'essentiel du Derby

  • Le Score : Une victoire sans appel (1-5) pour les Blues.
  • L'Homme du match : Enzo Fernández, sorti du banc pour éteindre l'incendie (1 but, 1 passe).
  • Le moment clé : Le but de l'espoir de Miles Leaburn (57e) suivi de la réponse immédiate de Marc Guiu.
  • La Première : Débuts réussis pour le nouveau coach de Chelsea, Liam Rosenior.

Il y a cette odeur particulière dans le sud de Londres un soir de janvier. Un mélange de friture, de gazon humide et d'espoir irrationnel. Ce samedi au Valley, les supporters de Charlton ne venaient pas voir du football, ils venaient chercher un miracle. C'est ça, la promesse de la FA Cup : faire croire, le temps de quatre-vingt-dix minutes, que le 19ème de Championship peut regarder le géant de Premier League dans le blanc des yeux.

Et pendant une poignée de minutes, on y a cru. Vraiment.

"Le football, c'est vendre du rêve à des gens qui savent que le réveil sera brutal." – Un supporter de Charlton à la mi-temps.

Nathan Jones, fidèle à sa réputation d'agitateur tactique, avait préparé un plan de bataille étouffant. Mais le Chelsea version 2026, même en convalescence, possède cette insolente capacité à punir la moindre erreur d'inattention.

La révolte de l'ex

L'histoire était trop belle pour ne pas être racontée. Miles Leaburn, le gamin formé à Chelsea, qui réduit le score à la 57ème minute (1-2). Le stade a explosé. Pas une célébration de but ordinaire, non, un rugissement viscéral qui a fait trembler les fondations du vieux stade. À cet instant précis, Liam Rosenior, debout dans sa zone technique pour sa première sur le banc des Blues, a dû sentir une goutte de sueur froide couler dans son dos.

👀 Pourquoi tout le monde parle de la célébration de Leaburn ?
Miles Leaburn n'a pas célébré par respect pour son club formateur... pendant deux secondes. Puis l'émotion l'a emporté. Son père, Carl Leaburn, légende de Charlton, était en tribunes. Ce but était plus qu'un simple fait de jeu, c'était une passation de pouvoir symbolique devant le public familial.

La machine bleue se remet en marche

Mais le charme des contes de fées s'arrête souvent là où commence le réalisme économique. Piqués au vif, les Blues ont réagi avec la violence d'un poids lourd réveillé par une pichenette. Marc Guiu a d'abord climatisé le stade (62e), avant que l'entrée d'Enzo Fernández ne transforme la fin de match en démonstration technique.

Regardons les chiffres, car ils racontent une histoire bien plus cruelle que le tableau d'affichage :

StatistiqueCharlton (Championship)Chelsea (Premier League)
Possession26%74%
Tirs cadrés211
Passes réussies186692
XG (Expected Goals)0.454.12

Le dernier quart d'heure fut presque gênant de facilité. Pedro Neto (90+1) et Enzo sur penalty (90+4) ont donné au score une ampleur qui ne reflète pas tout à fait la bravoure des locaux, mais qui illustre parfaitement le gouffre technique. Jorrel Hato, auteur de l'ouverture du score juste avant la pause, confirme qu'il est bien plus qu'un défenseur prometteur.

L'effet Rosenior : Déjà visible ?

Difficile de juger une révolution tactique sur un match de Coupe contre une équipe de division inférieure. Pourtant, on a vu quelque chose de nouveau : de la verticalité. Fini le jeu de possession stérile qui a plombé les Blues en décembre. Avec Garnacho (sifflé copieusement, mais remuant) et Estêvão, Chelsea semble vouloir jouer vite, très vite.

Charlton retourne à son quotidien difficile en Championship, avec la fierté d'avoir fait douter l'ogre pendant dix minutes. Chelsea, de son côté, s'offre un peu de calme. Et par les temps qui courent à Stamford Bridge, le calme est le plus grand des luxes.

CC
Coach CarterJournaliste

Tactique, stats et mauvaise foi. Le sport se joue sur le terrain, mais se gagne dans les commentaires. Analyse du jeu, du vestiaire et des tribunes.