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Nantes – Nice : Le tacticien, le pompier et ce rêve européen qui refuse de mourir

Derrière le classement en trompe-l’œil, le duel Kantari-Puel cache une obsession commune : transformer une saison de sueurs froides en remontada héroïque vers le Top 7.

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Coach CarterJournaliste
12 janvier 2026 à 04:063 min de lecture
Nantes – Nice : Le tacticien, le pompier et ce rêve européen qui refuse de mourir

Il flottait comme un parfum d'inachevé dimanche dernier à la Beaujoire. Vous l'avez senti ? Cette odeur âcre des soirs de Coupe où le destin se joue à pile ou face (ou aux tirs au but, cruelle loterie qui a souri aux Aiglons). Mais oubliez la Coupe une seconde. Ce qui se joue lors des retrouvailles en Ligue 1, c'est une tout autre histoire. C'est l'histoire de deux géants aux pieds d'argile qui refusent d'admettre que l'Europe s'éloigne.

Ahmed Kantari, le pompier promu architecte, contre Claude Puel, le vieux loup de mer rappelé à la barre. Deux styles, une même urgence : prouver que le classement actuel (16e contre 14e, oui, ça pique) est une anomalie statistique.

Le piège de la possession stérile

Sur le papier, Nice arrive avec ses certitudes. Ou plutôt ses dogmes. Le 4-3-3 de Puel, c'est du béton armé au milieu : Ndombélé pour casser les lignes, Vanhoutte pour colmater. Mais le problème (et Kantari l'a bien noté sur son bloc-notes), c'est la verticalité. Les Niçois tournent autour de la surface comme des requins édentés.

« Dans ce championnat, avoir le ballon sans la folie, c'est comme avoir une Ferrari dans les bouchons du périph' nantais. Ça brille, mais ça n'avance pas. »

Kantari, lui, joue la carte du chaos organisé. Son 4-2-3-1 n'est pas là pour faire joli. Il est là pour mordre. Avec Matthis Abline en pointe (ce garçon court comme s'il avait volé quelque chose), l'idée est d'aspirer le bloc niçois pour mieux le punir dans le dos de Jonathan Clauss. C'est un pari risqué. Si le pressing nantais se désagrège après l'heure de jeu, comme souvent, les vagues niçoises finiront par tout emporter.

L'Europe, ce mirage nécessaire ?

Peut-on décemment parler d'Europe quand on flirte avec la zone rouge ? C'est toute la schizophrénie de ce match. Mathématiquement, le Top 7 est à douze points. Un gouffre ? Non, une montagne. Mais dans une Ligue 1 où tout le monde bat tout le monde (sauf Lens qui plane), une série de trois victoires change tout.

Pour Nice, l'effectif est taillé pour la C3, voire mieux. Voir Wahi, Sanson et Todibo jouer le maintien est une hérésie économique et sportive. Une défaite à Nantes, et c'est la crise institutionnelle garantie. Pour Nantes, gagner signifierait s'offrir le droit de rêver à autre chose qu'à la peur du vide.

👀 Le duel clé : Lepenant vs Ndombélé

C'est ici que le match va basculer. Johann Lepenant, le poumon nantais, doit éteindre Tanguy Ndombélé. Si l'ancien Lyonnais a le temps de se retourner et de lancer ses extérieurs, Nantes est mort. Mais si Lepenant (aidé par l'ambiance volcanique de la Beaujoire) parvient à l'étouffer, le jeu niçois se coupera en deux. Un vrai combat de poids moyens au milieu du terrain.


Indicateur CléFC Nantes (Kantari)OGC Nice (Puel)
PhilosophieVerticalité & Pressing hautPossession & Contrôle
La Stat qui tue1.11 buts/match à domicile0% de victoire si menés 1-0 à l'extérieur
Facteur XL'atmosphère (Revanche Coupe)L'efficacité d'Elye Wahi

Alors, qui aura les reins assez solides ? Ce match n'est pas qu'une histoire de points. C'est une question d'honneur et de trajectoire. Le perdant devra probablement ranger ses passeports pour l'année prochaine. Le gagnant, lui, pourra continuer à vendre du rêve à ses supporters. Et dans le football moderne, l'espoir, c'est tout ce qu'il reste quand les budgets ne suffisent plus.

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Coach CarterJournaliste

Tactique, stats et mauvaise foi. Le sport se joue sur le terrain, mais se gagne dans les commentaires. Analyse du jeu, du vestiaire et des tribunes.