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Iran 2026 : Le mirage de la révolution télécommandée

Janvier 2026. Tandis que Téhéran s'embrase à nouveau, la diaspora exulte. Mais entre les lobbies de Londres et les rues d'Ispahan, le fossé se creuse. L'activisme d'exil est-il devenu un vain bruit de fond ?

RW
Rina Wulandari
15 Januari 2026 pukul 03.323 menit baca
Iran 2026 : Le mirage de la révolution télécommandée

On aimerait y croire. Vraiment. Voir dans les grèves de la faim de Vahid Beheshti devant le Foreign Office ou dans les tournées européennes de Masih Alinejad le prélude inéluctable à la chute des Mollahs. Le narratif est séduisant : une pression extérieure maximale, un régime isolé diplomatiquement, et paf, la démocratie qui fleurit sur les ruines d'Evin. Sauf qu'en ce mois de janvier 2026, alors que l'Iran vit sa crise la plus violente depuis la « Guerre de 12 jours » de l'été dernier, il est temps de poser la question qui fâche : l'opposition en exil ne se bat-elle pas contre des fantômes ?

Le décalage horaire (et politique)

Depuis Londres ou Washington, la stratégie est claire : faire classer le CGRI (les Gardiens de la Révolution) comme organisation terroriste. C'est le mantra, le Saint-Graal. Mais sur le terrain, à Tabriz ou Mashhad, cette étiquette diplomatique ressemble à une blague de mauvais goût. Les Iraniens ne se battent plus pour des symboles juridiques, ils se battent pour du pain et contre des balles réelles. L'activisme 2.0, avec ses hashtags viraux et ses pétitions en ligne, se heurte à un mur de béton : le blackout numérique total imposé par le régime depuis deux semaines.

« L'Occident adore les dissidents qui parlent anglais et portent des costumes cintrés. Ils rassurent. Mais la rue iranienne, elle, n'a pas de porte-parole. Elle a juste faim. »

L'impasse de la « Pression Maximale »

Le paradoxe est cruel. L'activiste en exil réclame plus de sanctions pour asphyxier le régime. Le manifestant sur place, lui, est déjà asphyxié. (Spoiler : les Pasdarans, eux, ont toujours accès aux dollars via leurs réseaux de contrebande). On assiste à une déconnexion inquiétante entre une diaspora qui joue une partie d'échecs géopolitique et une population qui joue sa survie au jour le jour.

Stratégie Exil (Londres/DC)Réalité Terrain (Téhéran/Karaj)
Lobbying pour classification terroristeAffrontements directs avec les milices Basij
Campagnes virales sur X/InstaInternet coupé (Intranet national uniquement)
Appel à la grève générale symboliqueÉconomie de troc, survie pure

Un régime paranoïaque mais armé

Ne nous y trompons pas : l'activisme exilé énerve Téhéran. Les tentatives d'enlèvement et les menaces contre les journalistes de Iran International à Londres le prouvent. Le régime a peur de l'image. Mais a-t-il peur de tomber ? Pas tant que la loyauté des forces de sécurité s'achète. Et tant que l'opposition extérieure restera fragmentée entre monarchistes, républicains et ex-Moudjahidines, Ali Khamenei pourra dormir (relativement) tranquille. Le nouveau visage de la contestation n'est peut-être pas celui qu'on voit sur CNN, mais celui, anonyme et pixelisé, qui vient de lancer un cocktail Molotov sur une banque à Ispahan.

RW
Rina Wulandari

Jurnalis yang berspesialisasi dalam Dunia. Bersemangat menganalisis tren terkini.