Projet Niel 2026 : Le braquage silencieux des télécoms européens
Oubliez les forfaits à 2 euros. Pendant que Bruxelles s'écharpait sur la 5G, le fondateur de Free a tissé la plus vaste toile cloud et télécom du continent.

Je vous arrête tout de suite. Si vous pensez que la stratégie de Xavier Niel se résume encore à casser les prix des forfaits mobiles, vous avez exactement trois trains de retard. (Et quelques milliards d'euros dans la vue). Qu'est-ce qui se trame réellement dans les étages feutrés d'Iliad en ce printemps 2026 ? Une OPA silencieuse sur l'infrastructure technologique européenne. Ni plus ni moins.
Avez-vous remarqué comment, depuis le retrait stratégique d'Iliad de la Bourse, le milliardaire avance masqué ? À l'aide d'une myriade de holdings aux noms cryptiques (NJJ, Atlas Investissement, Freya), il a méticuleusement racheté les joyaux du continent. Sans tambour ni trompette, sans même chercher à imposer la marque "Free" partout. L'ego a laissé place au pragmatisme brut.
| Cible (Pays) | Opération | L'objectif en coulisses |
|---|---|---|
| Tele2 (Suède / Pays Baltes) | 19,8 % du capital | Verrouiller le nord de l'Europe |
| Vodafone (Royaume-Uni) | Entrée au capital | Peser sur les décisions du géant |
| Eir (Irlande) | >70 % des parts | Contrôler le carrefour de la donnée atlantique |
Mais l'histoire ne s'arrête pas aux simples antennes relais. (C'est là que le piège se referme). Qui est vraiment impacté par cet empire qui ne dit pas son nom ? Les gouvernements européens. Car au-delà du réseau, le groupe s'est mué en un mastodonte du cloud souverain.
"Le pari n'est plus de connecter les smartphones, mais d'héberger les cerveaux artificiels de l'Europe, loin des serveurs américains."
Avec un plan d'investissement de 4 milliards d'euros fléchés d'ici 2030 vers sa filiale Scaleway et des supercalculateurs dopés à l'intelligence artificielle, le message envoyé à Washington est limpide. Niel ne veut plus seulement embêter Orange. Il s'attaque frontalement à Amazon Web Services et Microsoft.
Ce qui est rarement discuté dans les dîners d'affaires parisiens, c'est l'arme diplomatique que cette infrastructure représente. En sécurisant les données dans des centres de calcul ultra-puissants répartis de Paris à Milan, l'entreprise devient de facto l'ultime rempart de la souveraineté européenne. Alors, coup de génie ou folie des grandeurs ? Une chose est sûre, la partie d'échecs est déjà presque terminée. (Et nous étions trop occupés à regarder notre facture internet pour voir le mat approcher).


