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Trump et le Groenland : Pourquoi le "rachat" n'était pas une blague

Tout le monde a ri quand l'offre d'achat a été mise sur la table. Pourtant, derrière la provocation immobilière se cache la seule stratégie arctique qui effraie vraiment Pékin et Moscou.

RW
Rina Wulandari
19 Januari 2026 pukul 13.013 menit baca
Trump et le Groenland : Pourquoi le "rachat" n'était pas une blague

Souvenez-vous. C’était grotesque, n’est-ce pas ? Un président américain proposant d’acheter la plus grande île du monde comme on acquiert un terrain de golf en Floride. Copenhague s’était indigné, les diplomates avaient levé les yeux au ciel, et les réseaux sociaux s'étaient régalés. Mais si on arrêtait de glousser deux minutes pour regarder la carte ?

Parce que la réalité, froide et clinique, c’est que cette "boutade" a révélé une panique silencieuse à Washington. L'Oncle Sam est en train de perdre le Nord. Littéralement.

La Guerre Froide a changé de température

Ce n'est pas une question de fierté nationale danoise (aussi respectable soit-elle), c'est une question de survie hégémonique. L'Arctique n'est plus ce désert de glace romantique pour explorateurs barbus. C'est le nouveau canal de Suez. Avec la fonte des glaces, les routes maritimes s'ouvrent, réduisant le trajet Asie-Europe de plusieurs jours. Et devinez qui est déjà sur le coup ? Pas l'OTAN.

La Russie a réactivé ses bases soviétiques. La Chine se proclame état "proche-arctique". Et les États-Unis ? Ils ont... des projets.

L'offre de Trump, aussi maladroite fût-elle dans la forme, signalait une prise de conscience brutale : le Groenland est le porte-avions insubmersible de l'Amérique du Nord. Sans lui, et spécifiquement sans le contrôle total de la base de Thulé, la défense antimissile américaine est borgne.

Le déséquilibre des forces (Le tableau qui fait mal)

On nous vend l'idée que l'Occident contrôle la situation. C'est faux. Regardons les chiffres du matériel disponible pour opérer dans ces zones hostiles. Le retard américain n'est pas juste inquiétant, il est structurel.

PuissanceBrise-glaces lourdsObjectif Stratégique
Russie40+ (dont nucléaires)Contrôle militaire total & Route du Nord
États-Unis2 (vétustes)Surveillance & Containment
Chine2 (en croissance rapide)"Route de la Soie Polaire" & Minerais

Terres Rares : Le trésor sous la glace

L'autre aspect que les moqueries ont soigneusement évité, c'est le sous-sol. Vous aimez votre iPhone ? Vous aimez les batteries de vos voitures électriques ? Le Groenland abrite l'un des plus grands gisements inexploités de terres rares au monde (notamment le gisement de Kvanefjeld).

Actuellement, la Chine contrôle quasi-intégralement la chaîne d'approvisionnement de ces minerais critiques. Laisser des entreprises chinoises s'installer au Groenland (ce qu'elles tentent de faire depuis dix ans via des investissements miniers), c'est offrir à Pékin un monopole absolu sur la technologie du XXIe siècle. L'administration américaine, qu'elle soit démocrate ou républicaine, ne peut pas le permettre. L'achat était une solution radicale pour couper l'herbe sous le pied de Xi Jinping.

L'indépendance a un prix

Le dilemme pour Nuuk et Copenhague est terrible. Le Groenland rêve d'indépendance, mais son économie dépend des subsides danois. Qui remplacera le chèque de Copenhague ? Les investissements américains ou chinois.

Alors, riez si vous voulez de l'idée d'un "Trump Tower Nuuk". Mais comprenez bien une chose : dans les états-majors, personne ne rit. Le Groenland est le futur champ de bataille géopolitique, et les États-Unis feront tout, absolument tout, pour ne pas y être de simples locataires.

RW
Rina Wulandari

Jurnalis yang berspesialisasi dalam Dunia. Bersemangat menganalisis tren terkini.