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ASSE : Quand le Chaudron bout, c’est toute la France qui se réchauffe

Oubliez les tableaux Excel et le trading de joueurs. Ce qui se joue à Geoffroy-Guichard dépasse le football : c’est le réveil d’un géant et le baromètre d’un pays qui a besoin de vibrer.

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Rafael TorresPeriodista
17 de enero de 2026, 19:013 min de lectura
ASSE : Quand le Chaudron bout, c’est toute la France qui se réchauffe

C’était un samedi soir de novembre, le genre de soirée où le froid du Forez vous mord les mollets même à travers un jean épais. Dans les travées de Geoffroy-Guichard, un homme d'une soixantaine d'années pleurait. Pas des larmes de tristesse, non. Il pleurait parce qu'après des années de purgatoire, de gestion calamiteuse et de week-ends gâchés, il retrouvait enfin cette odeur. Celle de la poudre, de la sueur et, surtout, de l'espoir. Ce n'était "qu'un match" de Ligue 1, mais pour lui, c'était la preuve que rien n'est jamais vraiment mort.

« À Sainté, le club n'appartient pas aux actionnaires. Il appartient à ceux qui se lèvent à 4h du matin pour aller à l'usine et qui viennent ici pour respirer. »

Cette phrase, entendue mille fois aux abords du stade, n'a jamais sonné aussi juste. Le renouveau de l'AS Saint-Étienne, orchestré désormais par les capitaux nord-américains de Kilmer Sports Ventures, n'est pas une simple opération financière. C'est une greffe de cœur sur un corps qui refusait de lâcher.

Le mariage de la Data et de la Merguez

C'est tout le paradoxe de cette renaissance. D'un côté, vous avez Ivan Gazidis, l'homme qui a géré Arsenal et Milan, armé de ses algorithmes et de sa vision globale. De l'autre, vous avez le Peuple Vert, viscéral, bruyant, parfois ingérable. Ça aurait dû clasher. (Vraiment). Pourtant, la mayonnaise prend. Pourquoi ? Parce que la nouvelle direction a compris l'essentiel : on ne digitalise pas une religion.

Le retour au premier plan des Verts raconte quelque chose de notre époque. Dans une France souvent fracturée, où l'on se méfie des institutions, le stade reste ce dernier bastion où le PDG et l'intérimaire s'embrassent après un but raccroc à la 92ème minute. Saint-Étienne, c'est l'anti-PSG. C'est le football cambouis, celui qui ne brille pas par ses paillettes mais par sa résilience.

👀 Qui tire vraiment les ficelles ?
Derrière le visage public d'Ivan Gazidis, c'est le milliardaire canadien Larry Tanenbaum qui finance l'opération via Kilmer Sports Ventures. L'homme est puissant (il possède aussi les Toronto Raptors en NBA), mais sa stratégie est patiente : pas de "bling-bling", mais de la structuration à long terme. Une anomalie dans le foot moderne.

Plus qu'un club, un baromètre social

Regardez autour de vous. Si l'ASSE fascine bien au-delà de la Loire, c'est parce qu'elle incarne cette France périphérique qui refuse de se laisser enterrer. Quand les Verts gagnent, c'est la victoire du travailleur acharné contre le sort contraire. C'est romantique ? Peut-être. Mais le football sans romantisme, c'est juste vingt-deux millionnaires en short.

Ce frémissement que l'on sent dans les tribunes, c'est celui d'une fierté retrouvée. On ne demande pas la Ligue des Champions (enfin, pas tout de suite). On demande juste à être respectés. Et voir ce géant vert se redresser, vertèbre après vertèbre, ça donne envie de croire que le déclin n'est pas une fatalité. Ni pour un club, ni pour un pays.

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Rafael TorresPeriodista

Periodista especializado en Deporte. Apasionado por el análisis de las tendencias actuales.