Política

Braun-Pivet : L'agenda secret qui fait paniquer l'Élysée

Elle a survécu à la dissolution, au chaos et aux trahisons. Mais derrière le sourire officiel du Perchoir, Yaël Braun-Pivet prépare le coup d'après. Récit confidentiel d'une émancipation qui ne dit pas son nom.

CM
Carlos MendozaPeriodista
5 de febrero de 2026, 02:053 min de lectura
Braun-Pivet : L'agenda secret qui fait paniquer l'Élysée

On dit souvent que l'Hôtel de Lassay est une prison dorée. Pour Yaël Braun-Pivet, c'est devenu un bunker. Oubliez l'image de la "bonne élève" de la macronie des débuts, celle qui récitait les éléments de langage avec la ferveur des convertis. C'est fini. (Vraiment fini). Ce que je vais vous dire, vous ne le lirez pas dans les dépêches AFP : la Présidente de l'Assemblée nationale ne joue plus pour l'équipe. Elle joue pour elle.

Dans les dîners en ville, ceux où les téléphones restent au vestiaire, une petite phrase revient avec insistance : « Elle s'est affranchie. » Mais s'affranchir de qui ? Du Créateur, évidemment. Emmanuel Macron.

« La dissolution ? Elle l'a vécue comme un coup de poignard dans le dos. Mais au lieu de saigner, elle a décidé d'aiguiser sa propre lame. » — Une source proche du groupe Renaissance.

La méthode du "Chaos Constructif"

Vous avez remarqué ce calme olympien pendant que l'hémicycle brûle ? Ce n'est pas de la passivité. C'est de la stratégie. En interne, ses détracteurs (ils sont légion au gouvernement) l'accusent de laisser le cirque s'installer pour mieux apparaître comme la seule adulte dans la pièce. C'est cynique ? Peut-être. Efficace ? Redoutablement.

Elle a compris une chose essentielle que Gabriel Attal digère encore mal : dans une Assemblée fragmentée, celui qui tient le maillet tient l'agenda. Et l'agenda, c'est le pouvoir. Elle ne se contente plus d'arbitrer les débats ; elle filtre les textes, ralentit les procédures ou accélère les motions selon une météo politique qu'elle seule semble consulter.

👀 Pourquoi sa relation avec Gabriel Attal est glaciale ?
Officiellement, tout va bien. La famille libérale est unie. Foutaises. En coulisses, c'est la guerre froide pour l'héritage. Attal contrôle le parti (ou ce qu'il en reste), mais Braun-Pivet tient l'institution. La vraie fracture ? L'après-2027. Ils chassent sur les mêmes terres, visent le même électorat de centre-droit rassuré par l'ordre, mais Braun-Pivet joue la carte de l'institutionnelle au-dessus de la mêlée, là où Attal est contraint de mettre les mains dans le cambouis partisan. Chaque incident de séance est une munition pour l'un ou pour l'autre.

L'alliance invisible

C'est ici que ça devient croustillant. Pour se faire réélire au Perchoir en juillet dernier, YBP (comme on l'appelle dans les boucles Telegram cryptées) a dû passer des accords. Pas des accords signés, non, des hochements de tête, des silences complices. Avec la Droite républicaine, bien sûr, mais aussi en ménageant certaines susceptibilités à l'extrême bord de l'hémicycle.

On lui reproche sa complaisance ? Elle répond "Règlement". On l'accuse de sévérité ? Elle répond "Ordre". C'est une mécanique de téflon. Rien n'accroche.

Le cap vers 2027 ?

Ne soyez pas naïfs. Personne ne s'accroche au Perchoir avec une telle férocité juste pour le plaisir d'écouter des invectives à 3 heures du matin. Yaël Braun-Pivet construit une stature. Elle veut incarner l'Ordre face au désordre, la République face aux extrêmes. Une sorte de "Mère de la Nation" par intérim.

L'Élysée le sait. Et ça les rend nerveux. Car une présidente de l'Assemblée populaire, ou du moins respectée, devient intouchable. Elle n'est plus un fusible que le Président peut faire sauter. Elle est devenue le court-circuit potentiel.

CM
Carlos MendozaPeriodista

Periodista especializado en Política. Apasionado por el análisis de las tendencias actuales.