CAN 2026 : Le Maroc joue sa crédibilité (et celle de la CAF) à quitte ou double
Oubliez la fête estivale. La prochaine grand-messe du foot africain débarque en plein hiver, coincée entre la dinde de Noël et le mercato. Une absurdité logistique ou un coup de maître géopolitique ? Analyse sans filtre.
On nous avait promis une harmonisation du calendrier, une stabilité retrouvée pour le football africain. Tu parles. La prochaine Coupe d'Afrique des Nations, que l'on appellera « CAN 2025 » par politesse administrative mais qui se jouera bel et bien à cheval sur 2026 (décembre-janvier), ressemble à un casse-tête que même la FIFA n'aurait pas osé inventer un lendemain de soirée arrosée.
Pourquoi ce glissement ? Officiellement pour éviter la nouvelle Coupe du Monde des Clubs de la FIFA. Officieusement ? Parce que le calendrier international est devenu une zone de non-droit où le football africain ramasse les miettes temporelles laissées par les géants européens.
👀 Pourquoi ces dates font-elles hurler les clubs ?
Le Maroc : Une répétition générale (sous haute tension)
Ne nous y trompons pas. Pour Rabat, cette CAN n'est pas seulement un tournoi continental. C'est l'examen de passage pour 2030. Le Royaume accueillera la Coupe du Monde avec l'Espagne et le Portugal, et le droit à l'erreur est inexistant. Les infrastructures ? Elles sont là. Le complexe Mohammed VI est un bijou, les stades de Tanger et Agadir n'ont rien à envier à l'Europe.
Mais le béton ne fait pas l'ambiance. Le défi logistique n'est pas de construire, mais de gérer le flux. Transporter des milliers de supporters entre Casablanca et Fès en plein hiver, alors que le réseau hôtelier sera sollicité par le tourisme de fin d'année, voilà le vrai stress-test. La Côte d'Ivoire a placé la barre de l'hospitalité et de la ferveur à un niveau stratosphérique en 2024. Le Maroc, souvent perçu comme plus « froid » et procédurier dans son organisation, devra prouver qu'il peut générer de la passion, pas juste des powerpoints parfaits.
| Enjeu | Côte d'Ivoire 2023 (Le standard) | Maroc 2025-26 (Le défi) |
|---|---|---|
| Climat | Tropical, humide, épuisant | Hivernal, tempéré, idéal pour le jeu |
| Pression Politique | Forte (rayonnement régional) | Maximale (Crédibilité Mondial 2030) |
| Conflit Clubs | Gérable (Janvier/Février) | Guerre ouverte (Décembre/Janvier) |
Le terrain : L'arbre qui cache la forêt
Sportivement, on va encore nous servir le discours de la "montée en puissance" des petites nations. C'est mignon. La réalité, c'est que l'élargissement à 24 équipes dilue toujours autant le niveau des phases de poules. On risque de s'ennuyer ferme avant les huitièmes, à moins que l'arbitrage (souvent le talon d'Achille, n'est-ce pas ?) ne vienne pimenter les débats avec quelques décisions VAR incompréhensibles dont la CAF a le secret.
Le Maroc, demi-finaliste du Mondial, est condamné à gagner chez lui. Toute autre issue serait vécue comme un drame national. Mais attention au syndrome de l'hôte : la pression de tout un peuple paralyse parfois plus qu'elle ne porte. Regardez la Côte d'Ivoire : miraculée avant de gagner. Le Maroc aura-t-il cette chance ? Pas sûr que le scénario se répète.
Alors, cette CAN 2026 : vitrine du futur football mondial ou chaos logistique annoncé ? Les paris sont ouverts, mais gardez vos tickets, la cote du chaos est intéressante.