Sociedad

Christine Ockrent : La dernière impératrice des réseaux parisiens

Elle a présenté le journal quand la télé était encore en noir et blanc (ou presque), mais ne vous y trompez pas : la véritable influence de la "Reine Christine" se joue loin des caméras. Décryptage d'une longévité qui défie les lois de la gravité médiatique.

MG
María GarcíaPeriodista
24 de enero de 2026, 17:053 min de lectura
Christine Ockrent : La dernière impératrice des réseaux parisiens

Vous pensiez qu'elle avait pris sa retraite pour cultiver des roses en Normandie ? C'est mal connaître l'animal politique qu'est Christine Ockrent. Dans les couloirs feutrés de Saint-Germain-des-Prés comme dans les cocktails du Siècle (ce club ultra-select où l'élite française dîne à huis clos), son nom provoque toujours le même effet : un mélange de respect craintif et d'admiration agacée.

On l'appelle souvent la « Reine Christine ». Un surnom qui, soyons honnêtes, n'a jamais été un compliment dans la bouche de ses rivaux masculins des années 80. Mais aujourd'hui, le surnom a pris une autre saveur. C'est celui d'une survivante.

👀 Pourquoi est-elle intouchable ? (Spoiler : Ce n'est pas que grâce à son CV)
Ce n'est pas seulement parce qu'elle a été la première femme à présenter seule le 20h. C'est son carnet d'adresses qui agit comme une armure en kevlar. Quand vous pouvez appeler Henry Kissinger (de son vivant), Hillary Clinton ou les têtes pensantes de Bruxelles sur leur portable personnel, les directeurs de chaînes y réfléchissent à deux fois avant de vous pousser vers la sortie. Ockrent, c'est le soft power incarné.

Le style "CBS" à la sauce française

Il faut se rappeler d'où elle vient. Quand elle débarque sur le service public français, elle traîne derrière elle ses années américaines chez 60 Minutes. Elle ne cherche pas à être aimée, elle cherche à être efficace. Une froideur ? Non, du professionnalisme (c'est ce qu'elle vous dirait, sourcil levé).

Ce style tranchant a fait grincer des dents. Beaucoup. Mais regardez le paysage médiatique actuel : combien de ses contemporains sont encore aux manettes d'une émission respectée ? La plupart écrivent des mémoires que personne ne lit. Elle, elle anime Affaires Étrangères sur France Culture. Le samedi, elle dissèque la marche du monde avec une acuité qui renvoie les éditorialistes de chaîne info à leurs chères études.

La longévité en France ne se pardonne pas, elle s'arrache. Christine n'a jamais demandé la permission de rester.

L'influence de l'ombre

Ce qui fascine, c'est cette capacité à muter. De star du petit écran, elle est devenue une figure de l'establishment intellectuel européen. Elle ne court plus après l'audimat (vulgaire, n'est-ce pas ?), elle court après l'influence réelle. Celle qui se mesure non pas en parts de marché, mais en capacité à peser dans le débat géopolitique.

Son couple avec Bernard Kouchner a évidemment cimenté ce statut de power couple indéboulonnable, traversant les gouvernements de gauche comme de droite. Mais réduire Ockrent à son mari serait une erreur fatale. Elle a construit sa propre forteresse. Aujourd'hui, quand elle parle de l'Ukraine ou de l'Europe, ce n'est pas une journaliste qui lit un prompteur. C'est une initiée qui a probablement dîné la veille avec la source de l'information.

Alors, has-been, la reine ? Essayez donc de prendre sa place, juste pour voir.

MG
María GarcíaPeriodista

Periodista especializado en Sociedad. Apasionado por el análisis de las tendencias actuales.