Política

Manon Aubry : Le grain de sable (très bruyant) dans la mécanique européenne

Elle brandit des factures, interpelle les lobbyistes et transforme l'hémicycle strasbourgeois en scène de théâtre. Mais derrière les coups d'éclat viraux, la stratégie du "clash" de l'Insoumise porte-t-elle réellement des fruits législatifs ?

BC
Beatriz CorderoPeriodista
13 de enero de 2026, 00:163 min de lectura
Manon Aubry : Le grain de sable (très bruyant) dans la mécanique européenne

Bruxelles, ses couloirs feutrés, ses compromis technocratiques interminables et… Manon Aubry qui déboule avec un mégaphone métaphorique. Si vous suivez la politique européenne (ou juste votre fil TikTok), vous connaissez la méthode. C'est bruyant, c'est visuel, et ça tranche radicalement avec l'ambiance soporifique habituelle des commissions parlementaires.

Mais au-delà de la performance, on est en droit de se poser la question qui fâche : est-ce que ça marche ? Ou est-ce juste du bruit pour nourrir l'algorithme des réseaux sociaux insoumis ?

« On ne change pas les règles du jeu en demandant poliment la permission à ceux qui trichent. » – Une philosophie qui résume bien le mandat Aubry.

L'agitatrice nécessaire ou l'idiote utile ?

Il y a deux écoles. Pour ses partisans, Manon Aubry est la seule à oser dire que le roi est nu (et corrompu). Pour ses détracteurs, c'est une machine à indignations stériles qui refuse la culture du compromis, pourtant essence même du Parlement européen.

Soyons honnêtes un instant. L'Union Européenne a un problème majeur d'incarnation. Avant elle, qui connaissait le nom d'un eurodéputé français, à part peut-être ceux qui y allaient pour une pré-retraite dorée ? Aubry a réussi un tour de force : rendre l'Europe regardable. Elle a transformé des débats sur la transparence fiscale en séquences virales. (Ce n'était pas gagné d'avance).

Le bilan : Du show, mais aussi du fond

C'est là que l'analyse devient intéressante. Si l'on gratte le vernis du buzz, on trouve des dossiers. Épais. Loin d'être une simple influenceuse politique, Aubry bosse. Son travail sur le devoir de vigilance des multinationales est indéniable. Elle a poussé, harcelé, et finalement contribué à faire avancer des textes que les lobbyistes espéraient enterrer discrètement.

La Facette "Buzz" 📢La Facette "Bosse" 📁
Brandit des factures d'énergie en séance plénièreNégociation technique sur la réforme du marché de l'électricité
Confrontations directes avec les PDG (Pfizer, Total)Rapporteure sur l'évasion fiscale et la transparence
Vidéos virales "Unboxing" des cadeaux de lobbyistesAmendements sur la régulation des GAFAM (DMA/DSA)

L'isolement guette-t-il ?

Cependant, la stratégie a ses limites. À force de taper sur tout ce qui bouge – la Commission, les Socialistes, les Verts (parfois) – on finit par déjeuner tout seul à la cantine. Au Parlement européen, rien ne se fait sans alliances. C'est la mathématique cruelle de Strasbourg.

Le risque pour ce nouveau mandat ? Que Manon Aubry devienne une voix que l'on écoute pour le spectacle, mais que l'on ignore au moment du vote final. Avec la montée de l'extrême droite au Parlement, la marge de manœuvre de la gauche radicale se réduit comme peau de chagrin. Crier fort ne suffira plus ; il faudra être plus malin que le système qu'elle dénonce.

Alors, Manon Aubry est-elle le futur de la gauche européenne ou son baroud d'honneur médiatique ? La réponse dépendra de sa capacité à transformer l'indignation en paragraphes de loi. Pour l'instant, le jury délibère encore.

BC
Beatriz CorderoPeriodista

Periodista especializado en Política. Apasionado por el análisis de las tendencias actuales.