Deporte

Milano Cortina 2026 : Le ski alpin court-il vers son suicide blanc ?

Derrière les promesses de "durabilité" et les affiches glamour, les prochains Jeux d'Hiver préparent une bataille logistique et climatique brutale. Analyse d'un virage qui sent la neige artificielle à plein nez.

RT
Rafael TorresPeriodista
15 de febrero de 2026, 02:013 min de lectura
Milano Cortina 2026 : Le ski alpin court-il vers son suicide blanc ?

On nous avait promis une révolution. Des Jeux "sobres", "verts", ancrés dans des infrastructures existantes. Deux ans avant le coup d'envoi de Milano Cortina 2026, la carte postale commence sérieusement à jaunir sur les bords (ou plutôt à brunir, faute de neige). Si l'on gratte un peu le vernis marketing du Comité International Olympique (CIO), on ne trouve pas de la poudreuse fraîche, mais du béton, des canons à neige et une facture énergétique qui risque de faire fondre les budgets plus vite que les glaciers alpins.

Soyons clairs : le ski alpin en 2026 ne sera pas une célébration de la nature, mais une démonstration de force industrielle.

L'illusion de la neige naturelle

C'est le grand tabou que personne ne veut vraiment lever lors des conférences de presse feutrées à Lausanne. La réalité du ski de compétition aujourd'hui, et encore plus pour 2026, c'est que la neige naturelle est devenue une variable d'ajustement, voire une nuisance. Pour assurer l'équité sportive sur la Stelvio de Bormio (hommes) ou la Tofana de Cortina (femmes), on a besoin de glace. De béton blanc.

« L'ironie suprême ? Le réchauffement impose l'usage massif de neige de culture, dont la production accélère la consommation énergétique. Le serpent se mord la queue, et il a froid. »

Les organisateurs assurent que 100% de la neige artificielle sera produite avec de l'énergie renouvelable. Admettons. Mais cela n'efface pas l'absurdité visuelle qui nous attend : des rubans blancs serpentant au milieu de montagnes pelées. Est-ce vraiment ça, l'image que l'olympisme veut projeter au monde ?

Le casse-tête logistique (et ses victimes)

Au-delà du climat, il y a la géographie. Milano Cortina, c'est le grand écart. Littéralement. Avec des sites dispersés sur plus de 22 000 km², on est loin du "village olympique" convivial. Pour le ski alpin, la séparation des épreuves hommes (Bormio) et femmes (Cortina) crée une scission logistique majeure.

EnjeuDiscours OfficielRéalité du Terrain
TransportMobilité douce et trains connectés5h de route entre les sites alpins, dépendance à la voiture
NeigeGarantie d'enneigement90% de neige artificielle probable (injection d'eau)
BudgetJeux low-costExplosion des coûts de sécurité et d'énergie

Qui va payer l'addition ? Pas le CIO. Ce sont les collectivités locales qui se retrouvent avec la gestion de ce monstre à plusieurs têtes. Et sportivement ? Cette fragmentation risque de diluer l'ambiance. Les athlètes se croiseront à peine. L'esprit olympique, c'est sympa pour la cérémonie d'ouverture, mais à Bormio, ce sera chacun pour sa peau sur une piste verglacée.

La bataille des gladiateurs (sur glace vive)

Oubliez le romantisme. Sur cette neige injectée d'eau, dure comme du carrelage, ce ne sont pas les poètes qui vont gagner. Les conditions extrêmes favorisent les techniciens purs et durs, ceux qui ont des cuisses en acier trempé capable d'encaisser les vibrations d'une piste préparée au millimètre.

C'est là que le duel attendu prend tout son sens. Marco Odermatt, la machine suisse, contre la folie française (peut-être un Cyprien Sarrazin s'il maintient sa forme suicidaire ?). Chez les femmes, Mikaela Shiffrin pourrait bien signer ses adieux olympiques. Ces athlètes sont programmés pour ignorer le décor, pour oublier que skier à 120 km/h en 2026 devient un anachronisme magnifique.

Mais ne nous y trompons pas. Si le spectacle sportif sera probablement au rendez-vous (l'adrénaline est télégénique), ces Jeux pourraient bien marquer la fin d'une époque. Celle où l'on pouvait organiser des événements mondiaux en montagne sans se demander si la montagne serait encore là pour les accueillir dix ans plus tard.

RT
Rafael TorresPeriodista

Periodista especializado en Deporte. Apasionado por el análisis de las tendencias actuales.