Política

Procès Le Pen : Le baroud d'honneur ou la chronique d'une mort annoncée ?

Ce 13 janvier 2026 marque l'ouverture du procès en appel de Marine Le Pen. Alors que tout le monde scrute la salle d'audience, la vraie partie se joue ailleurs. Et si cette "exécution judiciaire" était paradoxalement le meilleur scénario pour le RN ?

BC
Beatriz CorderoPeriodista
13 de enero de 2026, 19:023 min de lectura
Procès Le Pen : Le baroud d'honneur ou la chronique d'une mort annoncée ?

C’est reparti pour un tour. Ce mardi 13 janvier 2026, Marine Le Pen remonte les marches du palais de justice de l'Île de la Cité. Les caméras sont là, la mine est grave, et la rhétorique du « procès politique » est déjà rodée. Mais ne nous y trompons pas : derrière la bataille juridique pour sauver la tête de la patronne, c’est une tout autre mécanique qui s’est enclenchée.

Rappelons les faits, froids et brutaux. Mars 2025 : le tribunal correctionnel frappe fort. Quatre ans de prison (dont deux ferme), 300 000 euros d'amende, et surtout cette fameuse inéligibilité de cinq ans avec exécution provisoire. C'était l'arme atomique. Celle qui devait la stopper net, sans attendre l'appel. Pourtant, nous sommes en 2026, et elle est toujours députée. (Miracle ? Non, subtilité du droit constitutionnel qui lui permet de finir son mandat).

EnjeuVerdict 2025 (Première Instance)Risque Appel 2026
Liberté2 ans ferme (aménageables)Confirmation ou aggravation (jusqu'à 10 ans théoriques)
CarrièreInéligibilité immédiate (5 ans)Inéligibilité définitive (Adieu 2027)
Finances300 000 € d'amendeDommages et intérêts potentiellement accrus

Mais au-delà des tableaux Excel du tribunal, posons la question qui fâche : ce procès est-il vraiment une catastrophe pour le Rassemblement National ? L'année dernière, le parti a hurlé au coup d'État judiciaire. C'est de bonne guerre. Mais en coulisses, l'ambiance est peut-être moins funèbre qu'il n'y paraît.

Pourquoi ? Parce que la machine à gagner du RN a un nom, et ce n'est plus seulement « Le Pen ». Jordan Bardella, en embuscade, n'a jamais été aussi populaire. Si la Cour d'appel confirme l'inéligibilité à l'été 2026, Marine Le Pen devient instantanément une martyre politique (le rôle qu'elle préfère) et adoube son dauphin sans avoir à subir l'humiliation d'un régicide interne.

Ce procès, que l'on présente comme le mur ultime de la République face à l'extrême droite, pourrait bien être le marchepied involontaire d'une victoire en 2027.

L'ironie est mordante. Le parquet, en voulant appliquer la loi avec une rigueur exemplaire (détournement de fonds publics européens systématique, rappelons-le), offre peut-être au RN sa meilleure stratégie de sortie : le renouvellement forcé.

Alors, que va-t-il se passer d'ici le 12 février, date de la fin des audiences ? On va débattre de la définition d'un assistant parlementaire, on va ergoter sur des temps de travail. Mais le véritable verdict, celui qui compte, a peut-être déjà été rendu par l'opinion publique : pour une partie des électeurs, peu importe la condamnation, c'est le « Système » qui s'acharne.

Le risque pour la justice ? Qu'en voulant marquer le coup par une sévérité technique (l'inéligibilité automatique de la loi Sapin II), elle ne fasse que renforcer le narratif antisystème qu'elle prétendait sanctionner. Rendez-vous à l'été 2026 pour l'arrêt final. D'ici là, le poker menteur continue.

BC
Beatriz CorderoPeriodista

Periodista especializado en Política. Apasionado por el análisis de las tendencias actuales.