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France-Espagne : Le mirage du pragmatisme tricolore a fini par exploser

On nous vendait une forteresse imprenable, on a assisté à une leçon de football total. Retour froid sur une défaite qui marque peut-être la fin du "sorcier" Deschamps face à la nouvelle école espagnole.

MB
Mehdi Ben ArfaJournaliste
13 janvier 2026 à 23:313 min de lecture
France-Espagne : Le mirage du pragmatisme tricolore a fini par exploser

On ne va pas se mentir. Pendant des années, l'équipe de France a navigué sur un malentendu génial : on joue mal (ou pas du tout), mais on gagne. C'était la marque de fabrique, le sceau royal de Didier Deschamps. Sauf que face à cette Espagne-là, le cynisme a atteint sa date de péremption.

Le tableau d'affichage indique un score serré. La réalité du terrain ? Un gouffre.

« Le football est un jeu simple : 22 hommes courent après un ballon, et à la fin, c'est celui qui prend des risques qui devrait gagner. L'Espagne l'a rappelé à la France de la manière la plus brutale qui soit. »

La faillite du "bloc béton"

L'argumentaire était rodé : la France ne prend pas de buts. Maignan est un mur, Saliba un roc. Et puis, en cinq minutes chrono, tout s'est effondré. Pourquoi ? Parce que vous ne pouvez pas demander à une équipe de subir indéfiniment face à des techniciens comme Rodri ou Fabian Ruiz sans finir par craquer. C'est mathématique (et un peu karmique).

Le but de Lamine Yamal n'est pas juste un exploit individuel d'un gamin qui a encore des devoirs à faire le soir. C'est la sanction d'une passivité coupable. Rabiot, qui avait pourtant chauffé le jeune espagnol en conférence de presse, s'est retrouvé à trois mètres du ballon au moment de la frappe. L'ironie est mordante, non ?

Duel des philosophies : La peur contre l'audace

Ce match n'était pas seulement une demi-finale ou une rencontre de prestige. C'était un référendum sur le football moderne. D'un côté, le refus du jeu érigé en stratégie de survie. De l'autre, une verticalité retrouvée.

CritèreApproche Française 🇫🇷Approche Espagnole 🇪🇸
Gestion du ballonSubie (Attente de l'erreur)Active (Provoquer le déséquilibre)
AiliersIsolés, souvent à contre-tempsPercutants, duo Yamal-Williams
Milieu de terrainPhysique mais brouillonTechnique et métronomique

L'énigme Mbappé (et le silence des autres)

On peut parler de son masque, de son nez, de sa saison compliquée à Paris. Mais à ce niveau de salaire et de responsabilité, les excuses deviennent audibles uniquement pour les fanboys aveugles. Kylian Mbappé a traversé ce match (et cette compétition) comme une ombre. Quand votre capitaine, censé être la fusée de l'attaque, ne parvient pas à prendre de vitesse un Nacho de 34 ans, il faut arrêter de regarder ailleurs.

Et Griezmann ? Remplaçant, puis fantomatique. C'est tout le logiciel offensif des Bleus qui semble avoir bugué. On attendait l'étincelle, on a eu droit à des pétards mouillés.

Et maintenant ?

L'Espagne file vers son destin avec une équipe qui donne le sourire. La France, elle, rentre à la maison avec ses certitudes défensives en miettes. Didier Deschamps restera probablement (le contrat, c'est le contrat), mais la magie s'est dissipée. Peut-on encore gagner en 2026 en refusant de jouer au football ? La réponse espagnole a claqué comme un coup de fouet : Non.

MB
Mehdi Ben ArfaJournaliste

Tactique, stats et mauvaise foi. Le sport se joue sur le terrain, mais se gagne dans les commentaires. Analyse du jeu, du vestiaire et des tribunes.