Morandini : L'insubmersible que le PAF adore détester
Condamnations alourdies, boycott moral, image sulfureuse... Sur le papier, sa carrière est morte en 2016. À l'écran, il bat des records historiques. Enquête sur l'anomalie la plus rentabled du système Bolloré.

C’est le paradoxe le plus fascinant de la télévision française. Ailleurs, une condamnation en appel à de la prison avec sursis signerait l'arrêt de mort médiatique immédiat. Une exfiltration par la petite porte, un communiqué laconique, et l'oubli. Mais nous ne sommes pas « ailleurs ». Nous sommes sur la planète CNews, et Jean-Marc Morandini n'est pas un employé comme les autres.
Dans les dîners parisiens, on s'étrangle. Sur les réseaux sociaux, on s'indigne. Mais à 10h35, chaque matin, vous êtes plus de 600 000 à allumer la télé pour voir l'ancien animateur de Tout est possible décrypter l'insécurité en France. Comment fait-il ? Qui le protège vraiment ? (Spoiler : la réponse tient en un nom).
Le soldat de la première heure
Pour comprendre l'immunité dont jouit JMM, il faut remonter à 2016. Oubliez les audiences d'aujourd'hui, c'est de politique interne dont on parle. À l'époque, Vincent Bolloré prend le contrôle d'iTélé et décide d'imposer Morandini à l'antenne malgré le début des scandales. La rédaction se met en grève historique (31 jours !), exigeant son départ. Le milliardaire breton ne cède rien.
Résultat ? Une centaine de journalistes quittent la chaîne. Morandini a servi, volontairement ou non, de « brise-glace » pour vider la rédaction et transformer iTélé en CNews. Cette fidélité dans la tempête a créé une dette. Et chez Bolloré, on ne lâche pas un soldat qui a pris des balles pour le patron, peu importe ce que disent les juges.
« Morandini a été utilisé comme un épouvantail pour faire le tri. Aujourd'hui, il est intouchable car il incarne la victoire du système CNews sur l'ancien monde médiatique. » — Un ancien cadre du groupe Canal+.
La machine à cash (et à clash)
Mais le cynisme ne suffit pas. Si Morandini est toujours là, c'est aussi pour une raison beaucoup plus pragmatique : il rapporte gros. Alors que ses concurrents parlent géopolitique ou économie, lui a trouvé sa niche : le fait divers anxiogène, le témoignage « vérité » et la proximité.
C'est une recette vieille comme la presse à scandale, mais il l'applique avec une efficacité redoutable. Les courbes d'audience ne mentent pas : il surperforme régulièrement, battant BFMTV et attirant une cible publicitaire précieuse. Le protéger, ce n'est pas seulement de la loyauté, c'est du business plan.
👀 Le point judiciaire : Pourquoi est-il encore libre ?
C'est la question que tout le monde se pose. Voici la situation réelle, loin des rumeurs :
- Corruption de mineurs : En mars 2025 (date confirmée par les dernières procédures), sa peine a été alourdie en appel à 2 ans de prison avec sursis et inscription au fichier des délinquants sexuels.
- Harcèlement sexuel : Peine également alourdie en appel (18 mois avec sursis) pour l'affaire des castings de la web-série « Les Faucons ».
- Pourquoi est-il à l'antenne ? Il a formé des pourvois en cassation. En droit français, cela suspend généralement l'exécution de la peine (sauf exécution provisoire spécifique). Tant que la Cour de cassation n'a pas tranché, il est présumé innocent et libre de ses mouvements.
Jusqu'à quand ?
L'ambiance est tout de même lourde. Si ses audiences le blindent, la pression judiciaire s'intensifie. Son retour discret sur Europe 1 (autre propriété du groupe) montre que la confiance est intacte, mais l'interdiction définitive d'exercer une activité en contact avec des mineurs (prononcée en appel) complique son image publique.
Jean-Marc Morandini est devenu un symbole : celui d'une fracture totale entre la justice, la morale médiatique traditionnelle et la réalité de l'audimat. Tant que le bouton « ON » de sa télécommande sera plus puissant que le marteau du juge, il restera.
Les stars ont des secrets, j'ai des sources. Tout ce qui brille n'est pas d'or, mais ça fait de bons articles. Les coulisses de la gloire, sans filtre.