Alyssa Milano : Le crash d'une idole ou la naissance d'une politique ?
De la sorcière bien-aimée à la pasionaria du clavier, Alyssa Milano a troqué les sortilèges pour les slogans. Mais entre polémiques maladroites et activisme de salon, l'ancienne star de Charmed n'est-elle pas devenue sa propre ennemie ?

Il fut un temps où Alyssa Milano était l'incarnation du consensus. Fille modèle dans Madame est servie, sorcière rebelle dans Charmed, elle était la petite fiancée de l'Amérique (et de la France). Aujourd'hui, tapez son nom sur X (anciennement Twitter) et vous verrez un champ de bataille fumant. Comment l'idole des années 90 est-elle devenue l'une des personnalités les plus clivantes d'Hollywood ?
Le jour où le masque est tombé
Si le virage militant d'Alyssa ne date pas d'hier, janvier 2024 a marqué un point de bascule irréversible. La star multimillionnaire a lancé une cagnotte GoFundMe pour financer le voyage scolaire de l'équipe de baseball de son fils. Montant demandé : 10 000 dollars.
La réaction a été aussi violente qu'immédiate. Pour une actrice dont la fortune est estimée à plusieurs millions, demander au public (frappé par l'inflation) de payer les vacances sportives de sa progéniture a été perçu comme le summum de l'indécence. Ce n'était pas juste une gaffe de RP ; c'était la preuve flagrante d'un « activisme hors-sol ». Comment prétendre défendre les opprimés le matin et tendre la sébile aux travailleurs précaires le soir ?
Le paradoxe #MeToo
Soyons justes : Alyssa Milano a joué un rôle crucial dans la viralisation du mouvement #MeToo en 2017. Son tweet invitant les femmes à témoigner a brisé une digue mondiale. Mais là encore, le vernis s'écaille à l'analyse.
On lui reproche souvent d'avoir éclipsé la fondatrice originelle du mouvement, Tarana Burke, une activiste noire qui œuvrait dans l'ombre depuis dix ans. Plus gênant encore, son « féminisme à géométrie variable » a été pointé du doigt lorsqu'elle a maintenu son soutien à Joe Biden malgré des accusations d'inconduite, alors qu'elle avait été impitoyable envers d'autres figures politiques. Cette dissonance cognitive alimente la critique d'un militantisme performatif, plus soucieux de l'image vertueuse que de la cohérence morale.
« C'est triste de voir des choses sur moi écrites par des gens qui ne me connaissent pas. Cela ressemble définitivement à une forme de harcèlement ! »
— Britney Spears, répondant à un tweet d'Alyssa Milano demandant "si quelqu'un avait des nouvelles d'elle".
Une carrière sacrifiée ou une reconversion ratée ?
L'incident avec Britney Spears (où Milano s'est posée en sauveuse non sollicitée) illustre parfaitement le problème : une ingérence perçue comme de la bienveillance condescendante. Le résultat ? Hollywood, qui déteste le bruit inutile, semble s'éloigner d'elle. Ses rôles récents sont anecdotiques ou confinés à des productions de seconde zone.
Alyssa Milano semble aujourd'hui coincée dans un no man's land : trop politisée pour être une simple actrice de divertissement, mais trop "people" pour être prise au sérieux comme figure politique. En voulant sauver le monde un tweet à la fois, l'icône des années 90 a peut-être oublié de sauver l'essentiel : sa connexion authentique avec le public.
Les stars ont des secrets, j'ai des sources. Tout ce qui brille n'est pas d'or, mais ça fait de bons articles. Les coulisses de la gloire, sans filtre.
