Politique

Philippe Besson : L'homme qui murmure à l'oreille du Président (quand tout le monde dort)

Oubliez les conseillers en communication et les technocrates de Bercy. La véritable influence se joue tard le soir, par SMS, avec un romancier qui connaît les failles du "personnage" Macron mieux que personne.

AM
Anne-Laure MercierJournaliste
16 janvier 2026 à 12:023 min de lecture
Philippe Besson : L'homme qui murmure à l'oreille du Président (quand tout le monde dort)

On ne vous le dira pas dans les points presse officiels du Palais. C'est le genre de chose qui se murmure dans les dîners parisiens, entre la poire et le fromage, quand les dictaphones sont éteints. Alors que les analystes s'écharpent sur la composition des cabinets ministériels, ils regardent tous au mauvais endroit. La vraie cour, celle qui compte, est invisible. Et en son centre, gravitant comme un satellite émotionnel autour du Président, il y a Philippe Besson.

Ce n'est pas un conseiller politique (Dieu merci, diront certains). C'est beaucoup plus dangereux : c'est un ami.

« Philippe est l'un des rares à ne rien demander, si ce n'est de l'attention. Et c'est précisément ce qui le rend indispensable dans un écosystème où tout le monde veut un poste. » – Une source proche du Château.

Souvenez-vous de la polémique du consulat de Los Angeles. Un fiasco administratif, une nomination annulée par le Conseil d'État. Tout le monde a cru que c'était la fin de l'influence de l'auteur de Son frère. Erreur. (Grossière erreur). En réalité, cet épisode n'a fait que renforcer le lien. Expulsé de la sphère publique officielle, Besson est rentré par la fenêtre de la sphère privée, celle où se prennent les vraies décisions, celles qui relèvent de l'humeur et du ressenti.

Le capteur d'émotions d'un Président algorithmique

Emmanuel Macron a un problème récurrent : on le dit froid, calculateur, déconnecté. Un cerveau brillant monté sur un corps sans racines, disent ses détracteurs. Philippe Besson est son antidote. Il est le « capteur » sensible. Là où les technocrates voient des courbes de chômage, Besson raconte des histoires de gens. Il injecte du romanesque dans une présidence qui vire souvent au PowerPoint managérial.

Il se murmure que certains éléments de langage, certaines tournures plus « charnelles » dans les allocutions présidentielles, portent sa patte. Il est celui qui ose dire au Président : « Là, tu ne leur parles pas, tu leur fais la leçon ». Une liberté de ton que les conseillers salariés, tétanisés par l'enjeu de leur carrière, n'oseraient jamais s'octroyer.

👀 Besson a-t-il influencé la dissolution ?
C'est la rumeur qui court dans le Tout-Paris. Si Besson n'a évidemment pas signé le décret, sa vision romantique du pouvoir – le chef face à son destin, la dramaturgie du risque – aurait conforté Emmanuel Macron dans cette décision shakespearienne. Pour un romancier, quoi de plus beau qu'un tel coup de théâtre, peu importent les dégâts collatéraux ?

Mais attention au mirage. Être le confident du Roi est une position précaire. On amuse, on console, on distrait. Besson joue-t-il un rôle politique majeur ou n'est-il que le bouffon (au sens noble et shakespearien du terme) nécessaire à l'équilibre psychique du monarque ?

Dans les couloirs de l'Élysée, les « vrais » conseillers grincent des dents. Ils voient d'un mauvais œil cet électron libre qui débarque le soir, sans rendez-vous officiel, pour débriefer l'actualité avec le Président autour d'un verre. Car l'influence littéraire a ceci de terrible qu'elle est insaisissable : elle ne laisse pas de trace écrite, pas de note de service. Juste une atmosphère, une phrase qui reste en tête, et qui finit par devenir une politique.

AM
Anne-Laure MercierJournaliste

Je hante les couloirs du pouvoir. Je traduis le "politiquement correct" en français courant. Ça pique, mais c'est vrai. Les lois, je les lis avant le vote.