Vaccin 2026 : Le gouvernement joue-t-il à la roulette russe avec l'opinion ?
Le spectre de l'obligation sanitaire refait surface en ce début 2026. Sauf que le logiciel de 2021 est obsolète. Analyse d'une fracture qui n'est plus sanitaire, mais politique.

Janvier 2026. Vous la sentez, cette impression de déjà-vu ? Ce mélange rance de gel hydroalcoolique et de fatigue collective ? Alors que les courbes épidémiques frémissent à nouveau (on ne s'étendra pas sur la variant du moment, ils changent de nom comme de chemise), un mot interdit circule à nouveau dans les couloirs feutrés des ministères : obligation.
Mais soyons sérieux deux minutes. Croire que l'on peut réappliquer la recette de 2021 aujourd'hui relève soit de l'amnésie sélective, soit d'une déconnexion totale du réel.
« En 2021, la peur du virus était le moteur de l'adhésion. En 2026, la colère contre l'institution est devenue le carburant du refus. »
C'est là que le bât blesse. L'analyste sceptique que je suis regarde les chiffres de la confiance publique, et ils sont impitoyables. Ce n'est plus une courbe, c'est une falaise. Le problème n'est plus la science (les vaccins fonctionnent, là n'est pas le débat ici), le problème est l'émetteur du message.
La fin du "Quoi qu'il en coûte" moral
Il y a cinq ans, on échangeait de la liberté contre de la sécurité. Le deal était clair, bien que brutal. Aujourd'hui ? L'inflation a lessivé les classes moyennes, la crise du logement a fini le travail, et l'État providence ressemble de plus en plus à un gestionnaire de pénurie. Demander un nouvel effort "citoyen" à une population qui a le sentiment de n'avoir reçu que des factures en retour ? C'est audacieux. Voire suicidaire.
👀 Pourquoi 2026 n'a rien à voir avec 2021 ?
1. L'usure du narratif de guerre : La rhétorique martiale (« Nous sommes en guerre ») ne fonctionne qu'une fois. La seconde fois, elle sonne comme une farce tragique.
2. La structuration de la défiance : Ce n'est plus une réaction épidermique de quelques marginalisés. La défiance est devenue structurelle, transversale, touchant désormais les cadres sup' comme les ouvriers.
3. L'absence de carotte : En 2021, le vaccin promettait le retour à la vie normale (restaurants, cinémas). En 2026, la vie est "normale" mais dure. Quelle est la récompense ? Aucune.
La technocratie sanitaire semble ignorer une variable clé : l'inertie sociale. Si une obligation est décrétée demain, qui pour la faire respecter ? Des forces de l'ordre déjà en surchauffe ? Des soignants qui, pour beaucoup, ont quitté le navire ou sont passés en libéral pour fuir l'hôpital public ?
Le risque n'est pas sanitaire. Il est démocratique. Vouloir forcer le barrage aujourd'hui, c'est prendre le risque que le barrage cède, emportant avec lui le peu de crédibilité institutionnelle qui reste. Alors, ce retour de l'obligation : ballon d'essai maladroit ou véritable stratégie de la tension ? Si c'est la seconde option, attachez vos ceintures.
Le pouls de la rue, les tendances de demain. Je raconte la société telle qu'elle est, pas telle qu'on voudrait qu'elle soit. Enquête sur le réel.