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Milan 2026 : Le hockey sur glace au bord de la crise de nerfs (et de béton)

Le grand retour de la NHL aux JO devait être une fête. C'est devenu un thriller logistique où l'on pose le carrelage une heure avant le match. Enquête sur un tournoi qui patine déjà.

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Taufik Rahman
11 Februari 2026 pukul 02.013 menit baca
Milan 2026 : Le hockey sur glace au bord de la crise de nerfs (et de béton)

On nous avait vendu le « tournoi du siècle ». Le retour des Avengers sur la glace, douze ans après Sotchi. McDavid, Matthews, MacKinnon, enfin réunis sous les anneaux olympiques. Sur le papier, l'affiche est sublime. Mais à quelques heures du premier face-off, l'ambiance à Milan tient moins du gala sportif que du chantier de BTP en retard de livraison. Soyons clairs : si le hockey est bien de retour aux Jeux, il a failli ne jamais passer la porte d'entrée.

L'Aréna PalaItalia : Le miracle (ou le mirage) architectural

Il faut le voir pour le croire. Le PalaItalia de Santa Giulia, censé être le joyau de ces Jeux, sent encore la peinture fraîche et la panique. Jusqu'à la semaine dernière, des ouvriers s'affairaient encore à fixer des câbles pendant que les équipes techniques de la NHL testaient la solidité des baies vitrées. Les organisateurs ont joué à la roulette russe avec le calendrier : il n'y avait aucun plan B.

« On a l'impression de patiner sur un lac. La glace est molle, le fond est peu profond, ça résonne bizarrement. C'est... une expérience. » — Pierre-Édouard Bellemare, Capitaine de l'équipe de France, après le premier entraînement.

Ce n'est pas juste un détail technique. Une glace de mauvaise qualité (« soft ice ») pour des joueurs habitués aux billards parfaits de la ligue nord-américaine, c'est un risque de blessure multiplié par dix. Imaginez la réaction des propriétaires de franchises NHL — qui ont déjà traîné les pieds pour libérer leurs stars — si un Connor McDavid se tord la cheville à cause d'un trou dans la patinoire lors d'un match de poule contre l'Allemagne. Gary Bettman doit suer à grosses gouttes dans sa loge VIP.

Un « Best-on-Best » avec un astérisque géant

Au-delà du béton, parlons du sport. On nous répète que c'est le retour des meilleurs joueurs du monde. Vraiment ? Regardons les chiffres en face.

Promesse OlympiqueRéalité 2026
Réunir le Top 100 mondialAbsence des Russes (Vasilevskiy, Kucherov, Panarin, Kaprizov).
Infrastructure de pointeAréna livrée à J-1, glace critiquée par les joueurs.
Sérénité logistiqueTest events annulés ou repoussés à la dernière minute.

L'absence de la Russie, pour des raisons géopolitiques évidentes et justifiées par le CIO, crée néanmoins un vide sportif. Peut-on vraiment parler de médaille d'or « ultime » quand le meilleur gardien du monde (Vasilevskiy) et l'un des meilleurs ailiers (Kucherov) regardent le tournoi à la télé ? Mathématiquement, le niveau global baisse. C'est une réalité que les diffuseurs tentent de masquer sous des tonnes de superlatifs sur l'équipe canadienne.

Le pari risqué de la NHL

Pourquoi la NHL a-t-elle accepté de revenir dans ce bourbier ? Pour l'argent et la mondialisation, évidemment. Mais l'accord tient sur un fil. Si l'organisation italienne flanche, ou si la qualité de jeu pâtit de ces infrastructures finies à la hâte, la ligue américaine pourrait bien refermer la porte pour 2030 (dans les Alpes françaises). On assiste peut-être au dernier grand bal olympique avant un nouveau divorce.

Alors oui, nous allons regarder. Nous allons vibrer. Mais ne soyons pas dupes : ce tournoi est un miracle logistique qui tient avec du scotch. Espérons juste que la glace tienne jusqu'à la finale.

TR
Taufik Rahman

Jurnalis yang berspesialisasi dalam Olahraga. Bersemangat menganalisis tren terkini.