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Riz 2026 : Pourquoi votre assiette est devenue une arme diplomatique

On nous répète que la météo est la seule coupable de la flambée des prix. Faux. En 2026, la crise du riz n'est pas agricole, elle est politique. Décryptage d'un marché truqué.

AW
Agus Wijaya
10 Februari 2026 pukul 11.053 menit baca
Riz 2026 : Pourquoi votre assiette est devenue une arme diplomatique

Regardez bien votre ticket de caisse. Ce paquet de basmati qui a pris 35% en deux ans ? On va vous dire que c'est la faute à El Niño, aux inondations dans le delta du Mékong ou à une sécheresse tardive dans l'Haryana. C'est l'explication confortable, celle qu'on sert au JT de 20 heures pour ne pas affoler les foules. Mais soyons sérieux deux minutes : la météo a bon dos.

En cette année 2026, le riz n'est plus une simple céréale. C'est devenu une monnaie de réserve, au même titre que l'or ou le dollar (j'exagère à peine). La réalité, c'est que les stocks mondiaux n'ont jamais été aussi opaques, et cette opacité profite à une poignée d'acteurs qui ont décidé de fermer les vannes.

L'arnaque de la pénurie naturelle

Si l'on regarde les images satellites, les rizières vietnamiennes et thaïlandaises produisent. Moins qu'en 2020 ? Certes. Suffisamment pour justifier une telle panique boursière à Chicago ? Absolument pas. Ce que l'on voit aujourd'hui, c'est la conséquence directe du nationalisme alimentaire entériné par l'Inde il y a trois ans et qui ne s'est jamais vraiment assoupli.

New Delhi a compris une chose essentielle : affamer le marché mondial (et particulièrement l'Afrique de l'Ouest) est un levier diplomatique bien plus puissant qu'un siège à l'ONU. Voici ce que les rapports officiels ne disent pas clairement :

Acteur CléL'Excuse OfficielleLa Réalité Stratégique (2026)
Inde"Sécuriser l'alimentation domestique"Maintenir des prix bas pour les élections locales et faire pression sur le Sud Global.
Chine"Constitution de réserves de précaution"Stockage massif (60% du stock mondial) pour s'immuniser contre les sanctions occidentales.
Traders (Singapour)"Volatilité des marchés"Spéculation pure sur les contrats à terme, déconnectée de la production réelle.

Le silence assourdissant de l'OMC

Où est le gendarme du commerce mondial ? Aux abonnés absents. L'Organisation Mondiale du Commerce regarde passer les navires de fret détournés sans broncher. Pourquoi ? Parce que le riz est devenu une affaire de sécurité nationale. Quand l'Indonésie signe des contrats d'importation de gré à gré avec le Cambodge, elle court-circuite le marché ouvert. C'est le retour du troc d'État à État, une régression économique majeure camouflée en "partenariat stratégique".

"En 2026, celui qui contrôle les silos de riz tient l'Asie du Sud-Est et la moitié de l'Afrique. C'est une arme silencieuse, bien plus efficace qu'un embargo sur les semi-conducteurs, car elle touche directement la stabilité sociale des pays importateurs."

L'Afrique, victime collatérale (ou ciblée ?)

C'est là que le cynisme atteint son paroxysme. Pendant que l'Europe râle sur le prix de son risotto, le Sénégal, le Nigeria et la Côte d'Ivoire voient leur facture d'importation exploser. Ce n'est pas une crise de la faim par manque de calories, c'est une crise de l'accessibilité orchestrée par des politiques protectionnistes.

Alors, la prochaine fois que vous entendrez un expert blâmer le réchauffement climatique pour justifier le prix de votre sachet de 500g, éteignez la télé. La pluie tombe peut-être moins, mais c'est surtout la morale politique qui s'est asséchée.

AW
Agus Wijaya

Jurnalis yang berspesialisasi dalam Ekonomi. Bersemangat menganalisis tren terkini.