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Hamnet : Le pari mystique de Chloé Zhao qui fait trembler Hollywood

Oubliez les biopics poussiéreux. En coulisses, l'alliance Zhao-Mescal prépare une révolution silencieuse sur le deuil qui va bien au-delà du simple cinéma.

AF
Artie FartyJournaliste
12 janvier 2026 à 04:303 min de lecture
Hamnet : Le pari mystique de Chloé Zhao qui fait trembler Hollywood

On ne devrait pas en parler si tôt. Les studios détestent qu'on évente la hype avant la première bande-annonce. Mais ce qui se trame autour du projet Hamnet dépasse le simple cadre de la promo habituelle. Depuis quelques mois, un bruit de couloir persistant circule dans les dîners de Los Angeles : Chloé Zhao n'est pas en train de tourner un film, elle est en train de célébrer une messe.

Après avoir navigué dans les eaux troubles (et très chères) de Marvel avec Eternals, la réalisatrice oscarisée revient à l'essentiel. Et quand je dis l'essentiel, je parle de cette capacité quasi surnaturelle à filmer l'invisible. Ici, pas de super-héros, mais un super-traumatisme : la mort du fils de Shakespeare, l'étincelle tragique qui aurait allumé le brasier d'Hamlet.

« Ce n'est pas un film d'époque. C'est un film de fantômes où les vivants sont plus hantés que les morts. Sur le plateau, l'équipe retenait son souffle pendant les prises. »
— Une source proche de la production

Pourquoi cet engouement maniaque pour une histoire de peste bubonique au XVIe siècle ? Parce que Hollywood est en crise de foi. Le box-office est morose, les franchises s'essoufflent. L'industrie a désespérément besoin de sacré. Elle cherche ce moment de grâce qui ne se fabrique pas sur fond vert.

Pour incarner ce couple dévasté, le choix s'est porté sur Paul Mescal (le nouveau chouchou des directeurs de casting qui veulent de la "vrai" lueur dans le regard) et Jessie Buckley. L'alchimie entre eux ? Électrique, paraît-il. On ne joue pas Shakespeare ici, on vit le silence qui précède l'écriture.

👀 Le détail caché qui change tout le film
Contrairement aux adaptations classiques qui se focalisent sur William Shakespeare (le génie), le film adopte le point de vue d'Agnes (son épouse, souvent maltraitée par l'histoire). C'est elle, la véritable shaman de cette histoire, celle qui connecte le monde des herbes médicinales à celui des esprits. Chloé Zhao utilise ici la même approche que pour Nomadland : ancrer le récit dans la terre pour mieux regarder le ciel.

Ce film s'impose déjà comme un manifeste. Contre le cynisme ambiant, contre l'ironie post-moderne qui sature nos écrans. Zhao parie que le public est prêt à regarder le deuil droit dans les yeux, sans cligner, sans blague Marvel pour désamorcer la tension. C'est un risque énorme. Mais c'est exactement ce genre de risque qui forge les légendes (ou les catastrophes industrielles, mais mon petit doigt me dit que Spielberg, producteur exécutif sur le coup, a flairé le chef-d'œuvre).

Alors, préparez-vous. Non pas à voir un film, mais à traverser une expérience. Hamnet ne sera pas confortable. Il sera viscéral. Et c'est exactement ce dont nous avions besoin.

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Artie FartyJournaliste

Snob ? Peut-être. Passionné ? Sûrement. Je trie le bon grain de l'ivraie culturelle avec une subjectivité assumée. Cinéma, musique, arts : je tranche.