People

Le fantôme à 7 milliards : Les lourds secrets du patron d'OnlyFans

Il a fait basculer l'économie du désir avant de s'éteindre dans le silence absolu. Récit de l'intérieur sur Leonid Radvinsky, l'architecte d'un empire sulfureux.

LS
Lola SimoninJournaliste
23 mars 2026 à 14:043 min de lecture
Le fantôme à 7 milliards : Les lourds secrets du patron d'OnlyFans

Dans le petit milieu très fermé de la tech londonienne, on l'appelait simplement "le fantôme". Leonid Radvinsky vient de tirer sa révérence à 43 ans, emporté par un cancer ce 20 mars 2026, et la quasi-totalité de ses propres employés ignorait à quoi il ressemblait. (Un paradoxe fascinant pour le grand manitou de la plateforme la plus exhibitionniste de la décennie).

Je l'avoue, cela fait des années que j'essaie de percer le mystère "Leo". Les fondateurs officiels d'OnlyFans, la famille Stokely, prenaient souvent la lumière. Mais le vrai cerveau ? C'était lui. En 2018, il rachète discrètement 75% de Fenix International, la maison-mère. La suite relève du braquage financier parfait.

👀 Quel était le "péché originel" de son empire ?
Avant la révolution OnlyFans, Radvinsky opérait sous le pseudo "AdminLeo". Dans les années 90, il gérait un réseau nébuleux vendant des mots de passe piratés pour des sites pornographiques, avant de fonder MyFreeCams. Une fortune de plus de 7,8 milliards de dollars bâtie d'abord dans les zones grises du web naissant, bien avant la respectabilité de l'économie des créateurs.

Pourquoi s'est-il autant caché ? Parce que l'argent du sexe sentait le soufre, même avec des milliards en banque. Radvinsky s'est versé près de 1,8 milliard de dollars de dividendes au fil des dernières années. Des chiffres qui font tourner la tête des banquiers d'affaires. Pourtant, lorsque j'ai sondé quelques contacts chez les gros fonds d'investissement l'an dernier, la consigne était claire : on ne touche pas à OnlyFans.

"Il a bâti la plus grande machine à monétiser l'intimité de l'histoire, tout en s'assurant que la sienne reste inviolable."

L'hypocrisie de Wall Street et l'onde de choc

Qu'est-ce que son décès change vraiment aujourd'hui ? Tout. (Et particulièrement pour les millions de créateurs qui dépendent de ses serveurs pour vivre). Avant sa mort, Radvinsky cherchait secrètement un acheteur. Il se heurtait à un mur d'hypocrisie corporate : les géants de la tech adorent les marges hallucinantes d'OnlyFans, mais aucun PDG ne veut risquer sa réputation en acquérant une marque étiquetée "NSFW".

Maintenant que l'architecte n'est plus, Fenix International se retrouve à la croisée des chemins. Les héritiers ou les administrateurs devront gérer un actif toxique pour les puritains, mais incroyablement liquide financièrement. Qui osera reprendre le flambeau ? C'est toute l'industrie du charme 2.0 qui retient son souffle.

Au final, le gamin d'Odessa arrivé à Chicago aura réussi son pari. Devenir l'un des hommes les plus riches du monde en vendant l'image des autres, tout en effaçant la sienne d'Internet.

LS
Lola SimoninJournaliste

Les stars ont des secrets, j'ai des sources. Tout ce qui brille n'est pas d'or, mais ça fait de bons articles. Les coulisses de la gloire, sans filtre.