Salaire de Nathalie Saint-Cricq : L'intox, le fantasme et la réalité
Entre rumeurs délirantes et opacité institutionnelle, la fiche de paie de l'éditorialiste de France 2 est devenue un symbole politique malgré elle. Décryptage d'une obsession française.

C’est un chiffre qui tourne en boucle sur les boucles Telegram complotistes et les groupes Facebook en colère, gonflant à chaque partage comme une bulle spéculative. Tantôt 20 000, tantôt 50 000 euros par mois. Soyons sérieux deux minutes. Si Nathalie Saint-Cricq émargeait à ces hauteurs-là, elle ne serait pas à France Télévisions, elle serait sur le banc de touche d’un club de Ligue 1 ou, plus probablement, chez un concurrent privé aux poches bien plus profondes.
Mais pourquoi cette fixation ? Pourquoi l’éditorialiste politique de la Deux, issue (il est vrai) d'une grande lignée médiatique, cristallise-t-elle autant les passions pécuniaires ?
L'argent des figures du service public n'est pas qu'une question comptable, c'est le baromètre exact de la défiance envers les élites parisiennes.
Le problème, ce n'est pas tant ce qu'elle gagne, mais le flou artistique savamment entretenu par la tour de verre du quai André-Citroën. En refusant la transparence totale — à l’inverse d’une BBC qui publie les salaires de ses stars au centime près —, France Télévisions nourrit la bête qu’elle prétend combattre. On laisse le champ libre aux fantasmes.
Il faut remettre l'église au milieu du village (et la grille indiciaire avec). Dans le service public, les salaires sont plafonnés. Certes, il existe des contrats de gré à gré pour les têtes d'affiche, mais nous sommes loin des parachutes dorés du CAC 40. L'indignation sélective oublie souvent que les vrais jackpots médiatiques se décrochent ailleurs, sur les chaînes privées où l'audimat dicte le chèque en fin de mois.
👀 Combien gagne-t-elle (probablement) vraiment ?
Au final, Nathalie Saint-Cricq paie ici le prix de son nom et de sa longévité. Elle incarne, à tort ou à raison, une forme d'inamovibilité bourgeoise qui agace une France périphérique qui compte chaque euro. Attaquer son salaire, c'est attaquer ce qu'elle représente : une permanence du pouvoir médiatique, imperméable aux crises et aux alternances politiques. Tant que le service public ne jouera pas cartes sur table, le fantasme continuera de valoir plus cher que la réalité.
Le pouls de la rue, les tendances de demain. Je raconte la société telle qu'elle est, pas telle qu'on voudrait qu'elle soit. Enquête sur le réel.


