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Salaire de Nathalie Saint-Cricq : L'intox, le fantasme et la réalité

Entre rumeurs délirantes et opacité institutionnelle, la fiche de paie de l'éditorialiste de France 2 est devenue un symbole politique malgré elle. Décryptage d'une obsession française.

MS
Maria Souza
30 de janeiro de 2026 às 02:052 min de leitura
Salaire de Nathalie Saint-Cricq : L'intox, le fantasme et la réalité

C’est un chiffre qui tourne en boucle sur les boucles Telegram complotistes et les groupes Facebook en colère, gonflant à chaque partage comme une bulle spéculative. Tantôt 20 000, tantôt 50 000 euros par mois. Soyons sérieux deux minutes. Si Nathalie Saint-Cricq émargeait à ces hauteurs-là, elle ne serait pas à France Télévisions, elle serait sur le banc de touche d’un club de Ligue 1 ou, plus probablement, chez un concurrent privé aux poches bien plus profondes.

Mais pourquoi cette fixation ? Pourquoi l’éditorialiste politique de la Deux, issue (il est vrai) d'une grande lignée médiatique, cristallise-t-elle autant les passions pécuniaires ?

L'argent des figures du service public n'est pas qu'une question comptable, c'est le baromètre exact de la défiance envers les élites parisiennes.

Le problème, ce n'est pas tant ce qu'elle gagne, mais le flou artistique savamment entretenu par la tour de verre du quai André-Citroën. En refusant la transparence totale — à l’inverse d’une BBC qui publie les salaires de ses stars au centime près —, France Télévisions nourrit la bête qu’elle prétend combattre. On laisse le champ libre aux fantasmes.

Il faut remettre l'église au milieu du village (et la grille indiciaire avec). Dans le service public, les salaires sont plafonnés. Certes, il existe des contrats de gré à gré pour les têtes d'affiche, mais nous sommes loin des parachutes dorés du CAC 40. L'indignation sélective oublie souvent que les vrais jackpots médiatiques se décrochent ailleurs, sur les chaînes privées où l'audimat dicte le chèque en fin de mois.

👀 Combien gagne-t-elle (probablement) vraiment ?
Si aucun chiffre officiel n'est public (c'est bien le problème), les estimations sérieuses basées sur les grilles de France Télévisions et l'ancienneté placent la rémunération d'un éditorialiste senior de ce rang entre 5 500 et 7 000 euros nets mensuels. Une somme très confortable, qui la place parmi les Français les mieux payés, mais qui est sans commune mesure avec les "30 000 euros" souvent hurlés sur les réseaux sociaux.

Au final, Nathalie Saint-Cricq paie ici le prix de son nom et de sa longévité. Elle incarne, à tort ou à raison, une forme d'inamovibilité bourgeoise qui agace une France périphérique qui compte chaque euro. Attaquer son salaire, c'est attaquer ce qu'elle représente : une permanence du pouvoir médiatique, imperméable aux crises et aux alternances politiques. Tant que le service public ne jouera pas cartes sur table, le fantasme continuera de valoir plus cher que la réalité.

MS
Maria Souza

Jornalista especializado em Sociedade. Apaixonado por analisar as tendências atuais.