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Ultia : les coulisses du crash qui fait trembler tout Twitch

Adoubée par les institutions puis virée en 24 heures. Comment la streameuse la plus clivante de France a dynamité son ascension avec une simple phrase.

LS
Lola SimoninJournaliste
27 mars 2026 à 05:023 min de lecture
Ultia : les coulisses du crash qui fait trembler tout Twitch

Ici, entre nous, il faut se dire les choses. L'ascension de Carla, alias Ultia, n'a jamais été un long fleuve tranquille. (Et c'est un euphémisme). Des petits lives sur l'univers Nintendo à la cour des grands du streaming français, son parcours est un manuel de survie dans une jungle numérique souvent impitoyable.

Mais comment passe-t-on d'une chambre d'étudiante à une figure d'autorité publique ? La réponse tient en deux mots : résilience et visibilité. Après avoir dénoncé des propos sexistes lors du ZEvent 2021, elle a subi un cyberharcèlement d'une violence inouïe. En 2025, elle a fait plier la justice avec la condamnation historique de trois de ses harceleurs. Une victoire arrachée de haute lutte qui a fait d'elle la figure de proue de la résistance féministe sur Twitch. Les marques la veulent, et soudain, l'État s'y intéresse aussi.

Conséquence directe de cette aura grandissante ? Les institutions publiques lui font les yeux doux. Le CNC (Centre national du cinéma et de l'image animée) cherche désespérément à dépoussiérer son image. Fin mars 2026, on lui offre un siège très convoité à la commission CNC Talent, chargée de distribuer des fonds publics aux créateurs du web. Sur le papier, c'est le couronnement parfait. Le sommet absolu de son influence.

Mais la plateforme d'Amazon n'est pas un ministère. Ce mercredi 25 mars 2026, la transparence radicale de la streameuse a violemment percuté le mur du devoir de réserve institutionnel. En plein live, voulant expliquer son nouveau rôle à sa communauté, elle dérape complètement :

"Si t'es d'extrême droite, désolé, pas de thune. Si t'es mon pote, c'est évident, je te sauce le projet."

Une phrase balancée en direct, sans le moindre filtre. Le couperet ? Une éjection express par le CNC dès le lendemain matin, l'institution fustigeant une violation évidente du principe d'impartialité. (On imagine très bien les sueurs froides des hauts fonctionnaires en découvrant l'extrait vidéo viral sur Twitter).

👀 Que cherchait vraiment le CNC en la recrutant ?
L'institution voulait acheter une "caution jeunesse" et s'attirer la sympathie de la Gen Z en intégrant une personnalité influente. Ils pensaient recruter une ambassadrice institutionnelle lisse ; ils ont eu une streameuse qui anime sa communauté avec la règle numéro un d'internet : la proximité assumée et le zéro langue de bois. Une erreur de casting flagrante.

Qu'est-ce que ce fiasco change vraiment pour le milieu ? Énormément de choses. Ce psychodrame révèle une fracture béante entre deux mondes qui refusent de se comprendre. D'un côté, des influenceurs habitués à tout dire à leur audience pour conserver une "authenticité" vitale à leur business. De l'autre, des instances étatiques qui exigent une neutralité absolue et un vernis de politesse.

Qui paiera l'addition de ce crash en direct ? Probablement les prochains créateurs. Les portes des subventions publiques risquent de se refermer brutalement pour les stars du net, jugées soudainement trop imprévisibles. Ultia, elle, a peut-être perdu un siège prestigieux, mais a rappelé à son audience qu'elle refusait de jouer selon les règles feutrées du système. À quel prix ?

LS
Lola SimoninJournaliste

Les stars ont des secrets, j'ai des sources. Tout ce qui brille n'est pas d'or, mais ça fait de bons articles. Les coulisses de la gloire, sans filtre.