Benabar : Ce qu'on ne vous dit pas sur son opération reconquête
Alors que tout le monde le croyait rangé des voitures, l'interprète du "Dîner" revient avec une stratégie rodée en coulisses. J'ai eu accès aux bruits de couloir : ce n'est pas juste un album, c'est un sauvetage.

On ne va pas se mentir, dans les dîners mondains parisiens – ceux-là mêmes qu'il aimait égratigner – on murmurait que Bruno (son vrai prénom, pour les intimes) avait fait son temps. Trop "années 2000", trop "bobo-famille", pas assez urbain pour l'époque. Et pourtant.
Ce vendredi 30 janvier 2026 marque la sortie de Le soleil des absents, son onzième album. Mais oubliez la promo lisse servie au JT de 20h. Ce qui se joue ici est bien plus cynique (et brillant) : c'est la survie d'une espèce en voie de disparition, le chanteur à textes pour la middle class. J'ai pu discuter avec un proche de la production il y a quelques semaines, et le son de cloche était clair : "C'était ça ou la retraite anticipée au théâtre".
Le mot d'ordre en studio était brutal : assume d'être ringard, c'est devenu la nouvelle hype.
C'est là tout le génie de l'opération. Au lieu de courir après une jeunesse qui l'ignore, Benabar a décidé de devenir le "Daron" officiel de la France. Le single Elles dansent, dédié à sa fille, n'est pas qu'une jolie ballade ; c'est un signal envoyé à tous les pères de cinquante ans un peu paumés.
La stratégie du "Duo Pansement"
Vous avez entendu le titre avec Pascal Obispo, Reste-t-il du bonheur ? C'est efficace, non ? Mais ne soyez pas dupes. En coulisses, ce rapprochement n'a rien d'un hasard artistique. C'est ce qu'on appelle dans le jargon une "alliance de catalogues".
👀 Pourquoi ce duo avec Obispo maintenant ?
Mais au-delà des calculs, il y a la scène. Et là, même les plus sceptiques doivent s'incliner. J'ai vu la setlist provisoire de la tournée 2026. Il ne va pas se contenter de jouer ses nouveautés. Il prépare une machine de guerre nostalgique pour fêter (avec un an de retard) les 20 ans de Reprise des négociations.
Regardez comment la donne a changé en deux décennies :
| L'Ère du "Dîner" (2005) | L'Ère du "Soleil" (2026) |
|---|---|
| Ventes physiques massives (CD) | Streaming faible, mais billetterie très forte |
| Image : Trentenaire impertinent | Image : Observateur tendre de la classe moyenne |
| Concurrents : Cali, Delerm | Concurrents : Le temps qui passe, l'oubli |
Alors, ce retour ? Un caprice d'artiste ? Non, une leçon de résilience. Benabar a compris qu'en 2026, la provocation ne paye plus, mais que la consolation, elle, vaut de l'or. Il ne cherche plus à être cool, il cherche à être utile. Et si c'était ça, la véritable rock'n'roll attitude à 56 ans ?


