Economia

Davos 2026 : Le silence assourdissant (et méprisant) des vrais maîtres du monde

Oubliez la fondue et les jets privés. Cette année, le vacarme du show Trump ne sert qu'à masquer une réalité terrifiante : le reste de la planète a arrêté d'écouter. Davos n'est plus le cockpit du monde, c'est son musée.

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Felipe Costa
21 de janeiro de 2026 às 08:053 min de leitura
Davos 2026 : Le silence assourdissant (et méprisant) des vrais maîtres du monde

Il y a quelque chose de pathétique dans l'air raréfié des Grisons cette année. Officiellement, le thème de ce cru 2026 est « Un esprit de dialogue ». Sérieusement ? Disons plutôt un monologue angoissé. Alors que la « USA House » a colonisé une ancienne église de la rue principale (avec un ticket d'entrée à un million de dollars pour les sponsors), le véritable événement n'est pas ce qui se dit sur l'estrade, mais qui a choisi de ne pas venir l'écouter.

« Davos n'est plus le moteur de l'histoire, c'est le rétroviseur de l'Occident. »

Les BRICS ont ghosté la fête

Pendant des décennies, Klaus Schwab nous a vendu l'illusion du « Village Global ». Tout le monde s'aimait, tout le monde commerçait. Cette année ? Le village est devenu une forteresse occidentale assiégée. Si Donald Trump a fait son grand retour (avec une délégation qui ressemble plus à une cour royale qu'à une équipe diplomatique), regardez la liste des absents. Où est Xi Jinping ? Où sont les poids lourds du Sud Global ?

Ils ne sont pas simplement « occupés ». Ils organisent leurs propres sommets, signent leurs propres accords bilatéraux et construisent leurs propres systèmes de paiement. Leur absence à Davos n'est pas un accident de calendrier, c'est un message politique brutal : « Nous n'avons plus besoin de votre validation. » Le silence de Pékin, Brasilia et New Delhi hurle plus fort que les tweets du président américain.

L'Illusion (Davos Officiel) La Réalité (En coulisses)
"Coopération dans un monde fragmenté" Guerre économique totale et tarifs douaniers punitifs
Régulation éthique de l'IA Course à l'armement numérique (le premier qui tire gagne)
Transition écologique solidaire Réouverture des centrales à charbon pour alimenter les Data Centers

Le vrai deal se fait loin des caméras

Alors, à quoi sert encore ce cirque ? À rassurer une élite européenne en pleine crise existentielle. On se serre les coudes entre démocraties libérales fatiguées pendant que le monde réel se redessine sans nous. Les vrais enjeux cachés ? Ce n'est pas le climat (personne n'y croit plus ici, entre deux atterrissages de Gulfstream). C'est la survie technologique.

Le CLARITY Act américain sur les cryptos et l'IA, discuté frénétiquement dans les couloirs, n'est pas une main tendue : c'est une laisse. L'Europe est venue chercher des partenaires ; elle repartira avec des instructions. (Et probablement une facture salée sur les tarifs douaniers).

👀 Pourquoi Klaus Schwab se fait-il si discret ?
Officiellement, c'est une transition douce vers un rôle de "Chairman". Officieusement ? Le modèle Schwab est mort. Son idéal d'interdépendance joyeuse est devenu toxique dans un monde de nationalisme agressif. Les grands patrons ne veulent plus être vus comme des "citoyens du monde", mais comme des patriotes industriels. Schwab est devenu le symbole d'une ère révolue que tout le monde cherche à oublier.

Ne vous y trompez pas. Si vous n'entendez pas les absents, c'est parce qu'ils sont occupés à construire le monde de demain. Pendant ce temps, Davos continue de fêter celui d'hier.

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Felipe Costa

Jornalista especializado em Economia. Apaixonado por analisar as tendências atuais.