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Irène de Grèce : Le fantôme de la Zarzuela sort de l'ombre (et inquiète)

Toujours derrière sa sœur Sophie d'Espagne, l'invisible Irène est devenue l'icône accidentelle d'une monarchie crépusculaire. Pourquoi cette figure mystique fascine-t-elle soudainement ?

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Fernanda Lima
15 de janeiro de 2026 às 19:023 min de leitura
Irène de Grèce : Le fantôme de la Zarzuela sort de l'ombre (et inquiète)

Imaginez un instant la scène. Athènes, janvier 2023. Les funérailles de Constantin II, dernier roi des Hellènes, rassemblent tout le Gotha européen. Les caméras zooment sur la douleur digne de la reine émérite Sophie d'Espagne. Mais juste à côté, une silhouette voûtée, le regard perdu mais la main ferme, attire l'attention des initiés. C'est Irène. La « petite » sœur.

Pendant cinquante ans, elle a été le meuble le plus discret du palais de la Zarzuela à Madrid. Aujourd'hui, alors que les monarchies européennes tentent désespérément de se moderniser (à coups de comptes Instagram et de causes wokistes), c'est cette octogénaire mystique, qui n'a jamais régné, qui incarne paradoxalement la véritable essence royale : le mystère.

« Irène ne vit pas dans le monde réel, elle le survole. C'est la seule qui n'a jamais trahi personne, car elle n'attend rien du pouvoir. » – Un proche de la famille royale espagnole.

Pourquoi ce retour de hype soudain ? C'est fascinant. Alors que l'Espagne se déchire sur les exils de Juan Carlos et les polémiques de Letizia, Irène apparaît comme le dernier vestige d'une époque révolue. Celle où les princesses ne donnaient pas d'interviews à Oprah, mais étudiaient la philosophie indienne en silence.

On la surnomme « Tante Pecu » (pour Peculiar, l'originale). Elle joue du piano comme une virtuose, parle aux vaches (littéralement, elle a passé des années en Inde à étudier la spiritualité Advaita Vedānta) et se moque éperdument de la mode. Cette résurrection médiatique n'est pas anodine : elle agit comme un miroir déformant. Face à elle, les nouvelles générations royales paraissent bien fades, trop lisses, presque... corporatistes.

👀 Pourquoi ne s'est-elle jamais mariée ?

C'est la question à un million de drachmes. Officiellement ? Elle n'a jamais trouvé l'homme qui pouvait comprendre son détachement matériel. Officieusement, la rumeur a longtemps prêté une idylle contrariée avec Jesus Aguirre (qui finira par épouser la Duchesse d'Albe) ou même, dans sa jeunesse, une proximité avec le futur roi Harald de Norvège. Mais Irène a tranché très tôt : sa vie serait dédiée à sa sœur Sophie. Une dame de compagnie de luxe ? Non, une béquille émotionnelle indispensable.

Son déclin physique récent, affiché sans fard lors de sorties à Majorque, choque autant qu'il émeut. Dans une société obsédée par la jeunesse éternelle et les filtres, voir une princesse de sang accepter sa fragilité (et se faire pousser dans un fauteuil roulant par sa sœur aînée) est d'une puissance visuelle rare. C'est la fin d'un cycle. Irène est la mémoire vivante de l'exil grec, des errances à travers l'Europe, d'une royauté sans couronne mais avec une classe folle.

Elle ne vendra jamais de mémoires. Elle ne lancera pas de marque de lifestyle. Et c'est précisément pour ça qu'elle est, en ce moment même, la figure la plus intéressante de la royauté européenne.

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Fernanda Lima

Jornalista especializado em Famosos. Apaixonado por analisar as tendências atuais.